• 0023 à 79 : Oryx, oryge, orix, capricerva, fliris (Afrique)

    23 à 79 : Oryx, oryge, orix, capricerva, fliris (Afrique)

    licorne du Physiologus - Bruno Faidutti 1996

    Les oryges, ainsi appelées par Pline, sont « les seuls animaux à qui le poil pousse à contre-sens, c'est-à-dire de la queue vers la tête. » Un commentateur de 1781 propose même que les oryx, s'ils existent, sont des sortes de gazelles dont les cornes poussent suffisamment rapprochées pour paraître n'être qu'une. [Pline l'Ancien, 1781] L'orix est aussi appelé capricerva, c'est-à-dire, capricorne. [Bory de Saint-Vincent, 1823]

    Aristote croyait que l'oryx n'avait qu'une seule corne et le sabot solide. [Odell Shepard, 1930]

    1727 : l'orix « est un animal fort cruel & farouche qui est decrit par Appian. Aristote dit qu'il n'a qu'une corne au milieu du front. Pline dit qu'il a tout le poil tourné vers la tête. Albert le Grand dit qu'il a de la barbe au menton. Et le même Appian dit qu'il a assez de force pour battre les lions & les tigres. Il est à présent inconnu. Quelques-uns, et entre autres Belon, le veulent faire passer pou la gazelle ; mais on n'y trouve point toutes les marques précédentes. » [Antoine Furetière, 1727]

    1759 : « (en examinant des gazelles) on n'y a point trouvé les marques qui, selon quelques auteurs, sont particulières de l'oryx, comme d'avoir une seule corne au milieu du front, ainsi que dit Aristote, d'avoir tout le poil tourné vers la tête, comme dit Pline, d'avoir de la barbe au menton, comme dit Albert (de Séville), et l'on sait qu'elle n'a pas assez de force pour battre les lions et les tygres, ainsi que le prétend Oppien. (…) L'on dit aussi que ces animaux ne se mettent point en fureur, si ce n'est quand on touche leurs cornes. »[François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, 1759] Oppien pourtant avait raison, car l'oryx beïsa (Oryx gazella beisa) n'hésite pas à se défendre contre ses prédateurs.

    On dit qu'il creuse la terre de ses pieds de devant au commencement des nouvelles lunes. [François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, 1759]

    1845 : l'oryx est confondu avec le chamois, à la fois dans son apparence et dans son comportement. [Quatremère, 1845]

    En 1847, un auteur suggère que l'oryx des Anciens est la licorne moderne, et en prend à témoin les peintures rupestres retrouvées en Afrique du Sud. [C. Julius Solin, 1847]

    1857 : « Quelques voyageurs ont affirmé avoir vu des licornes ; et l'on pense que les anciens ont vu des licornes (…) dans l'Antilope oryx, espèce qui habite les pays où l'on place la licorne, et dans laquelle quelques individus paraissent n'avoir qu'une corne. »[Marie Nicolas Bouillet, 1857] Ce fait est repris la même année dans un roman d'aventure anglais, où on explique la licorne par des sculptures égyptiennes d'oryx vus de profil : « the oryx was supposed to be the fabled « unicorn », derived from Egyptian sculptures […] The supposition of the oryx being the original of the unicorn rested only upon the fact that its horns when seen en profile, appear as but one ; and the unicorn is so figured on the Egyptian sculptures. [The modern unicorn has a straight horn] but this is not correct, ccording to the Egyptian sculpture, where a curve is given – a positive imitation of the curve in the horns of the oryx ! » [Mayne Reid, 1857]

    1860 : l'oryx est, avec l'âne indique et le monocéros, l'une des trois sortes de licornes d'après les anciens naturalistes. Les modernes par contre ont sur le sujet un avis tout différent. « Oppien lui attribue des cornes en nombre variable, et Élien lui en assigne positivement quatre; or, Pallas a parfaitement observé que chez les antilopes le nombre des cornes est loin d'être constant, et que quelques individus en portent trois, tandis que d'autres sont réduits à une corne unique. […] Comme l'oryx de Pline, l'antilope de Pallas habite les plaines sablonneuses de l'Afrique et s'avance jusqu'aux confins de l'Égypte; sa taille égale celle du bœuf; ses formes sont celles du cerf; son poil dorsal se dirige vers la tête; ses cornes forment des armes terribles, droites et acérées comme des lances, dures comme du fer; et son pelage, d'un blanc fauve, est strié, à la face, de bandes noires. » [William Duckett (fils), 1860]

    Il y a donc au bout de quelques siècles confusion totale entre l'oryge au poil qui pousse à l'envers, la gazelle oryx, et la licorne.

    L'antilope oryx, commune alors en Afrique, a souvent été prise pour une licorne, ou décrite en tant que telle ; les cornes de cette espèce ont également tendance à se briser facilement, et elles poussent droites et rapprochées. [John Timbs, 1869] L'oryx est bien la licorne pour Cuvier. [Georges Cuvier, 1827-35]

    L'oryx arabe est presque entièrement blanc. Il vit dans des lieux désertiques très difficiles à atteindre, au point que la préservation de cette espèce de l'extinction fut une mission extrêmement complexe. Des légendes arabes font état de la férocité de cet animal et de sa capacité à tuer un être humain. [Anthony Shephered, 1965]

    Kitto 1852 - oryx leucoryx

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