• 1523 : Licorne de la Mecque, capricorne, églisseron, chèvre unicorne, arvocharis (La Mecque, Éthiopi

    1523 : Licorne de la Mecque, capricorne, églisseron, chèvre unicorne, arvocharis (La Mecque, Éthiopie…)

    licornes de La Mecque, Bruno Faidutti 1996

    L'églisseron a le corps du cheval. Églisseron signifierait « chèvre cornue » et le nom vient du grec pour « capricorne ». C'est Varthema qui parle de ces créatures le premier, dans les récits de ses voyages.

    « Ceste-cy est grant et haulte comme ung grant cheval, et semblable à ung chevreul, et ha sa grant corne tres aguhe. » [Jules Berger de Xivrey, 1886]

    1625 : « Jen Baptiste Utints Flamand, natif d'Anvers, en sa carte universelle dit cecy. La Licorne est de la hauteur d'un jeune cheval de dix mois. Elle a la teste de cerf, & au front une corne pointuë de 3 coudees de long, le col log, le crin dependant de l'un costé, les jambes tendres comme le cheureul, & les pieds fendus à la façon presque de la chevre, les pieds de derriere sont pellus, & est de poil semblable au ceval bayard. Ceste beste à la mine d'estre cruelle & sauvage, neantmoins meslee de certaine douceur » L'ouvrage cite un autre auteur : « Paul Joue (grand et insigne personnage) Evesque de Nouecomensis, fait mention de cest animal ainsi que s'ensuit. La Licorne est un animal de la forme d'un poulain, sa couleur est cendrée, & sa teste est couverte d'une grande criniere, sa barbe est comme celle du bouc, & son front est armé d'une corne, qui a deux coudees de long. » [Jacques Doublet, 1625]

    En 1755, une encyclopédie indique que la licorne a la corne rayée de jaune (défense de narval). Elle vit en Ethiopie principalement mais dans d'autres parties de l'Afrique aussi. [Manuel lexique, 1755]

    1759 : « Louis Barthema, natif de Boulogne, décrit les licornes qu'il a vues de cette manière : à l'un des côtés du Temple de la Mecque il y a des écuries, où l'on entretenoit deux licornes par curiosité. La plus grande étoit comme un poulain de trente mois, et avoit une corne sur le front de trois aunes de long, l'autre n'étoit pas plus grose qu'un poulain d'un an, et sa corne étoit de la longueur de quatre palmes. Cet animal étoit brun, il avoit la tête comme celle d'un cerf, le col court et peu velu, le crin aussi court, qui lui pendoit d'un côté. Il avoit les jambes maigres et minces, comme celles d'une biche, ses pieds un peu fendus avoient des ongles et ressembloient à ceux d'une chêvre. On remarquoit dans cette bête un air sauvage et farouche, et qu'elle aimoit la solitude. » Ces licornes venaient, dit-on, d'Éthiopie. Marmol de son côté écrivait : « (la licorne) est semblable à un poulain de deux ans, excepté qu'elle a une barbe de bouc, au milieu du front une corne de trois pieds, polie, blanche, rayée de raies jaunes : ses pieds ont l'air de ceux de l'éléphant ; sa queue tient quelque chose de celle du sanglier. Cet animal est si fin, et court d'une si grande vitesse, qu'on ne le peut prendre. » [François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, 1759][Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, 1817][Augustin Calmet, 1783] Marmol s'inspire ici du monocéros de Pline, lui ajoute la défense du narval, et la taille et la barbiche de la chèvre de Louis Barthema.

    1817 : le témoignage de Barthema est indiqué comme corroborant l’existence de la licorne du cap de Bonne-Espérance. [Conrad Maltre-Brun, 1817] D'après une source de 1829, cette licorne viendrait d'Ethiopie. [M. Malte-Brun, 1829]

    1817 toujours, on retrouve à nouveau la description de Barthema, et il est précisé que les licornes étaient un cadeau diplomatique. [Biot et al, 1817]

    En 1823, deux espèces sont suggérées pour le capricorne. L'une est l'oryx (capracorna) et l'autre est la chèvre Pasang, Capra aegargus. [Bory de Saint-Vincent, 1823] (en fait, une chèvre domestique)

    En 1845, un article scientifique met en doute ces licornes, « sans prétendre révoquer en doute l'autorité du voyageur bolonais, on pourrait se demander si les deux animaux représentés ici comme des objets de la plus grande rareté, comme un trésor d'un prix inestimable, appartenaient réellement à une race d'animaux existants d'une manière distincte, ou s'ils constituaient deux êtres produits par le jeu de la nature, et qui, dans cette circonstance, avaient dû être considérés comme un trésor de la plus grande rareté. » [Quatremère, 1845]

    En 1853, il est suggéré que ces créatures avaient en réalité deux cornes mais que pour le reste elles étaient si semblables à la licorne héraldique, que Barthema ne leur a écrit qu'une seule corne au lieu de deux. [John Kitto, 1852]

    1856 : « L'Églisseron, autre licorne, était semblable à un chevreuil ou à un cerf gigantesque et avait une corne aigüe » [Louis Pierre F. Adolphe Chesnel, marquis de la Charbouclais, 1856]

    Un ouvrage de 1862 reporte lui aussi l'existence des licornes de La Mecque. « In the other part of the temple of Mecca are parks or places enclosed, where are seen two Unicorns, and these are shown to the people for a wonder ; the one of them, which is much higher than the other, is not much unlike a colt of two and a half years old ; in the forehead grows one horn, straight forward, of the lenght of 3 cubits. The other is much younger, and like a colt of one year old. The horn of this is of the lenght of four spans. The beast if of the colour of a horse, of a weasel-colour, with ahead like a hart, but no long neck, a thin mane hanging only on one side. The legs of both are thin and slender, like a fawn or hind ; the hoofs of the four feet are divided in two, much like the feet of a goat ; the outer part of the hind feet is very full of hair. They seemed wild and fierce. They are sent to the Sultan of Mecca from the King of Ethiopia ! » [John Timbs, 1869]

    Ludovicus Verramundus décrit les licornes de la Mecque, ou églisserons, comme venant d'Éthiopie. Mais Ulysse Aldrovandus prétend que ces églisserons ne sont que des rhinocéros, là encore. [Commission royale d'histoire, 1845]

     

    Au XVIIème siècle, la licorne héraldique ressemble fort à un églisseron et la longueur des défenses de narval fait dire à certains qu'elle a la taille d'un grand cerf.


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