• 1566 : Cheraffe, girafe, giraffe, caméléopard, camelopard, chamois (Constantinople, Indes)

    1566 : Cheraffe, girafe, giraffe, caméléopard, camelopard, chamois (Constantinople, Indes)

    La girafe est une créature connue depuis l'Antiquité [Thomas Bingley, 1864] mais à propos de laquelle le Moyen-Âge s'est ensuite perdu en conjectures.

    1566 : Cheraffe, girafe, giraffe, caméléopard, camelopard, chamois (Constantinople, Indes)

    Dans l'Histoire de l'Abbaye de S. Denys [Jacques Doublet, 1625], il est rapporté qu'un explorateur (le Chevalier F. Pierre de Berthaucourt en l'an 1566) observa à Constantinople une créature nommée « cheraff », fauve et tachetée, le col long, les pattes de derrière plus courtes que celles de devant, le mufle d'un cheval, et que cette créature était la femelle de la licorne.

    En 1624 un voyageur rapporte que lors d'une fête à Constantinople, « il fut amené audit Empereur un anumal enme nommé Cheraff de la part du Roy des Indes, lequel il vit & toucha par plusieurs & diverses fois, qui estoit plus grand qu'un cerf, mais plus gresle, de couleur fauve, moucheté de taches blanches et noires de la grandeur d'un double, les jambes de devant longues, & celle de derriere courtes, le mufle comme un Cheval, avec des petits crins sur le col, que l'on disoit que c'estoit la femelle de la Licorne. » Cette girafe a fait escale en Asie, où elle fut confondue avec la Lin (ou Rin), femelle Kirin (ou Qilin).

    En 1759 la girafe prend un nom étrange « C'est le caméléopard (…). Dapper dit (…) qu'il est ainsi nommé parce qu'il a la tête et le col comme les chameaux et qu'il est tacheté comme le léopard, mais de taches blanches sur un fond rouge. » [François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, 1759] La girafe a entre ses cornes une grosseur osseuse « qui paroissoit comme une troisième corne ». De sa langue la girafe attrape si adroitement sa nourriture que ses dresseurs ne s'en rendent pas compte. [François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, 1759]

    Le mythe continue en 1788 : on croit la girafe issue de l'union d'une biche et d'un taureau. On la dit de la taille d'un veau, grise, et aussi longue que haute. On la dit très grande, jusqu'à 40 pieds de haut (13,3 m environs). On en fait deux espèces, la girafe et la girafle, et seule la dernière, grosse comme un cheval, a le train arrière plus bas que le train avant. [C. Duboille, 1788]

    Une illustration de 1864 la montre avec des cornes similaires à celles d'un chamois, bien qu'elles ne soient considérées que comme des protubérances de l'os du crâne. [Thomas Bingley, 1864]

    Le plus répandu des dictionnaires allemands, le Brockhaus, dans son édition de 1833, à l’entrée « Einhorn » indique simplement et assez brutalement « s. Giraffe » (voir Girafe). La lecture de l’article « Giraffe » nous apprend en effet que, selon certains, cet animal porterait, entre ses deux petites cornes, une troisième plus petite encore, ce qui rendrait plausible l’existence de quadrupèdes unicornes de la famille des antilopes. [Bruno Faidutti, 1996]

    La girafe réelle a la particularité d'avoir une bosse frontale entre les deux yeux. [John Timbs, 1869] Cette bosse fut, au fur et à mesure des recopiages de gravures, exagérée au point que quelques-unes montrent la girafe portant fièrement sur sa tête une défense de narval.  


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