• 1700 : Licorne du Cap Vert, cheval unicorne (Cap Vert)

    1700 : Licorne du Cap Vert, cheval unicorne (Cap Vert)

    Ce cheval unicorne se retrouve dans de nombreux ouvrages du XVIIIième siècle.

    1700 : Licorne du Cap Vert, cheval unicorne (Cap Vert)

    1727 : la licorne est « un animal sauvage, selon quelques Naturalistes. La licorne se trouve seulement dans l'Afrique. Son vrai pays est dans la province d'Agoas au Royaume de Damores en Ethiopie. C'est un animal fort craintif que se retire dans les bois, & qui pourtant se hasarde quelquefois à venir dans la plaine. Il a une corne blanche au milieu du front de cinq palmes de longueur, telles qu'on les dépeint. Il est de la grandeur d'un cheval de médiocre taille, d'un poil brun tirant sur le noir, ayant le crin court & peu fourni & noir, aussi-bien que la queuë. Le Pere Lobo dans ses Voyages rapporte plusieurs temoignages de gens qui en ont vû, et c'est ainsi que la decrit Vincent le Blanc dans son Voyage d'Afrique ; mais cet Auteur est fort suspect, aussi-bien qu'André Thevet. » [Antoine Furetière, 1727]

    1759 : « Jean Gabriel, Portugais (nous dit Dapper) a vu dans le Royaume de Damot un animal qui avoit une belle corne au front, blanche et longue d'un pied et demi. Il étoit de la grandeur et de la forme d'un cheval bai ; le poil du col et de la queue étoit noir et court. [aussi trouvé dans un dictionnaire de 1783 [Augustin Calmet, 1783]] Les habitants assuroient qu'il vivoit dans les endroits les plus épais et les plus reculés des forêts et qu'il paroissoit rarement dans les lieux cultivés. Un Père Jésuite, continue Dapper, en avoit aussi vu un petit qu'on avoit apporté au lieu de sa demeure. Les Portugais qui avoient été relégués par l'Empereur Adamat Saguet sur une roche du territoire Nanin, qui est dans le Royaume de Gojam, ont aussi témoigné qu'ils en avoient vu plusieurs qui paroissoient dans les forêts situées au-dessous de cette roche. Bermude et Marmol assurent la même chose.  (…) Quelques Anglois, aux environs du Cap Verd (au Sénégal), qui s'étoient exercés à la chasse, apporterent sur la Flote une espèce de licorne ; elle avoit d'ailleurs plus de ressemblances avec le cheval qu'avec toute autre sortes de bêtes à quatre pieds. Sa couleur étoit brune ; elle avoit ses dents pointues, et sa queue fort courte.» [François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, 1759] Le poil bai et la tête noire rappellent la femelle de l'hippotrague noir (Hippotrague niger) qui a la robe baie et les cornes droites et courtes, avec une marque noire sur la tête. L'antilope rouanne (Hippotragus equinus) correspond elle aussi à la description.

    1781 : « Wormius décrit un animal qui ressemble en tout à un cheval, excepté qu'il porte sur le front une longue corne, à laquelle on attribue, dans le Royaume du Congo, les mêmes vertus que les Anciens rapportent de celles de la licorne. Wormius veut, malgré la description exacte de l'Ambassadeur, que l'on en attende du tems la certitude et la confirmation. Ces éclaircissements ne sont point venus. » plus loin, « Bermude, Marmol et quelques autres Voyageurs, prétendent que, dans les Royaumes de Damol et de Cojam, en Afrique, il y a une licorne qui ressemble à un cheval bai ; que le poil de son col et de sa queue est noir et court ; que sa corne est blanche et longue d'un pied. » Ailleurs, dans le même ouvrage, une note de M. Guettard : « Strabon et Elien parlent aussi de chevaux armés de cornes (…) Le premier veut que ces animaux n'aient qu'une corne, et que leur tête soit semblable à celle des cerfs. Elien n'est guère plus détaillé. Il prétend qu'il y a aussi des ânes qui ont une corne semblable. Il veut que les cornes de ces animaux soient bonnes contre le venin (…) Dans un autre endroit Elien décrit assez un autre animal qui approche du cheval par la figure, et qui porte aussi une corne sur la tête. Nous conoissons cet animal sous le nom de licorne. (…) Depuis ces anciens Naturalistes, on a toujours cherché à s'assurer qu'il existoit réellement de pareils chevaux. Ces recherches ont été jusqu'à présent assez inutiles » En effet de nombreux auteurs reportent des chevaux soit-disant dotés d'une corne unique, alors qu'il s'agit de simples verrues. Ces chevaux appartenant à des Prince, les courtisants ont tôt fait de répandre le bruit que le Seigneur possède un cheval doté d'une force et d'une vitesse prodigieuses grâce à sa corne unique, plutôt que de remarquer qu'il est verruqueux. « Concluons donc que ces chevaux cornus n'ont encore existé que dans l'imagination des Naturalistes. » [Pline l'Ancien, 1781]

    Pour plus de précisions, Elien décrit une sorte de cheval jaune féroce envers sa propre espèce mais pas envers les autres, dévorant tout sur son passage, et chassée par le lion avec le stratagème de la corne plantée dans l'arbre.Certains l'appellent Tabor et disent qu'elle fut traînée derrière l'Arche de Noé en l'attachant par sa corne. [Commission royale d'histoire, 1845]

     

    Pour les trois premières citations, ils s'agit de l'hippotrague, avec un peu de défense de narval. Pour les suivantes, elles donnent elles-mêmes l'explication.  


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