• 2018-05-31 Furries de A à Z : la connexion entre les furry et les otherkin

    Furries de A à Z : la connexion entre les furry et les otherkin

    Commentaire de l'article Gerbasi, Kathleen C. et al, “Furries A to Z: (Anthropomorphism to Zoomorphism).” Society and Animals, Vol.16 (2008): pp 197-222. Archive à l'adresse https://web.archive.org/web/20141228061704/http://www.animalsandsociety.org/assets/library/770_s1.pdf (consultée le 30 mai 2018)

    Souvent les études sociologiques ont tendance à se pencher sur anthropomorphisme (fait d'appliquer des explications humaines à une autre espèce) qu'on peut faire mais il est plus rare de se pencher sur le zoomorphisme (fait d'appliquer des explications non-humaines à des humains). C'est pour cela que cette étude se penche sur la communauté furry, qui transforme des personnages humains en leur appliquant des traits animaux – oreilles, queue, museau, moustaches, fourrure, pattes...

    Beaucoup de furry vont jusqu'à s'identifier à, ou en tant que, un personnage mi-humain mi-animal. Cela s'exprime par l'art : dessin, peinture, bande dessinée, mais aussi costume, spectacle, vidéo.

    L'étude présente cherchait d'abord à vérifier l'exactitude des stéréotypes à propos des personnes furry.

    Parmi les résultats de l'étude, il est intéressant de noter qu'une part non-négligeable des furry s'identifient comme pas totalement humains. 46,3% des personnes interrogées ; les furry en moyenne s'identifient comme étant à 44,35% non-humains, ce pourcentage variant de 1% non-humain à 100% non-humain. 40,8% des furry interrogés aimeraient devenir non-humains entièrement si c'était possible, contre 59,2% qui ne le voudraient pas.

    Le fait d'être furry est fortement lié à des expériences et croyances qu'on retrouve dans les communautés otherkin. Notez que pour les pourcentages qui vont suivre, une même personne peut rentrer dans plusieurs pourcentages en même temps car il était possible de donner plusieurs réponses à la question posée. Nous observons que 23,9% des furry interrogés affirment ne pas être à l'aise avec la forme humaine de leur corps, et 29,2% l'expriment comme le sentiment d'être « une âme non-humaine enfermée dans un corps humain », formulation qui se retrouve aussi dans les communautés otherkin. La croyance en la réincarnation depuis une espèce non-humaine couvre 27,8% des personnes interrogées. L'identification entre le furry et son espèce est forte, car 80,9% des interrogés affirment avoir choisir l'espèce de leur fursona parce qu'elle présente des caractéristiques avec eux-mêmes. C'est le même mécanisme là encore que la recherche de kintype par les personnes otherkin (un kintype étant une espèce ou créature mythologique avec laquelle on partage le maximum possible de caractéristiques).

    Une analyse des données montre que 25% des furry se sentent moins que 100% humains et aimeraient si possible être 0% humains. C'est ce qu'expriment souvent les personnes otherkin tout en gardant la lucidité que ce n'est pas possible. Il n'est pourtant pas possible de conclure que 25% des furry sont aussi otherkin, car pour certaines caractéristiques otherkin comme le sentiment d'être « une âme animale dans un corps humain » moins de 40% des furry « moins que 100% humains et qui veulent être 0% humains » ressentent cela. La superposition des deux groupes n'est pas systématique, mais beaucoup plus subtile qu'on pourrait croire de prime abord.

    L'étude n'a montré aucun lien entre le fait d'être furry et le fait d'être « mentalement perturbé » (groupe contrôle : personnes non-furry non-otherkin allant à l'université). La sensibilité artistique est plus développée chez les furry que chez le groupe contrôle, ainsi que la capacité à l'imagination. Les furry, ce n'est pas surprenant, sont plus excentriques que le groupe contrôle, et en ont conscience. Là encore cela montre qu'être furry n'a rien d'une maladie mentale. Les furry ont tendance à être plus timide, et plus anxieux, que le groupe contrôle.

    Les psychologues rédigeant l'article réfléchissent à diagnostiquer un « Désordre d'Identité d'Espèce » mais à titre personnel je trouve que c'est déplacé, de la même façon que classifier toutes les identités sortant de la norme (orientation sexuelle, identité de genre...) comme « désordre » c'est déplacé. Mais l'article est vieux (plus de 10 ans) et les mentalités ont évolué depuis.


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