• Tapisseries de la Chasse à la Licorne

  • La Chasse à la Licorne

    Les tapisseries de la Chasse à la Licorne – ou simplement les tapisseries de la Licorne – ont été tissées aux environs de 1495-1506 à Bruxelles. On pense qu'elles ont été dessinées à Paris. Elles sont actuellement exposées au Metropolitan Museum of Art à New York.

    Les tapisseries sont tissées de laine, fils de métal, soie, et sur les 101 espèces de plantes représentées, 85 ont été identifiées.

    Il est fort probable que l'ensemble provienne d'au moins deux séries différentes de tapisseries, mais leur sujet commun, la poursuite d'une licorne, fait qu'elles ont été rassemblées et exposées ensemble.

    L'ensemble des tapisseries a reçu plusieurs explications : chasse à la licorne, amour courtois, Passion du Christ... Le ou les créateurs des tapisseries reste inconnu, même si le nom est suggéré par les lettres A et E, retournées et dispersées sur l'ensemble des tapisseries. Jacky Lorette suggère que c'est Jean Perréal qui les a créées.

    Les lettres A et E sont nouées par un « nœud de l'amour » et signifient « amour est espérance » il est donc possible que les tapisseries soient un cadeau de noces de la famille La Rochefoucauld.

     

     

    Sur la première tapisserie, on peut voir le Seigneur se préparer pour la chasse. Deux types de chiens sont utilisés : les lévriers chassent à vue, les chiens courants suivent le gibier à l'odeur et le poursuivent. Dans les arbres un homme appelle les autre et leur indique que le gibier est repéré.

     

    Sur la seconde tapisserie, on voit les chasseurs se rassembler autour de la licorne. Celle-ci trempe sa corne dans l'eau d'une fontaine, rappelant les légendaires pouvoirs de sa corne. Les animaux rassemblés autour d'elle et qui attendent la purification de l'eau pour boire étaient chargés de symboles pour les écrivains médiévaux.

     

    Sur la troisième tapisserie, la licorne tente de s'échapper en traversant une rivière tandis que les chiens ont été lancés sur elle. Les lances utilisées sont celles de la chasse au sanglier.

     

    Sur la quatrième tapisserie, la licorne se défend et repousse les assaillants.

     

    Sur l'un des fragments de la cinquième tapisserie, la licorne se laisse saisir par une femme qui, d'après la légende, doit forcément être vierge. Cette tapisserie connait une reconstitution qui se base sur les « Annonciations à la licorne ».

    The Lady and the Unicorn - Youtube documentary The Quest for the Unicorn

     

    Sur la sixième tapisserie, la licorne est tuée et apportée à dos de cheval jusqu'aux nobles du château.

     

    Sur la septième et dernière tapisserie, la licorne est à nouveau vivante et captive.

    On remarquera que, comme pour les tapisseries de la Dame à la Licorne (lion du Goût = lion du Seul Désir ; licorne du Seul Désir = licorne de l'odorat et la tête est à nouveau identique à celle de la Vue...), certains sujets se retrouvent quasi à l'identique d'une tapisserie à l'autre (sans doute par soucis d'économie de moyens humains). Regardez la licorne de la Fontaine et celle qui se défend : elles ont la même position sauf les pattes. Regardez aussi la tête de la licorne de la Rivière et celle du fragment.

    On remarquera que, comme pour les tapisseries de la Dame à la Licorne (la Vue) les fragments de la Tapisserie perdue montrent une main reposant sur l'encolure de la licorne, en une scène quasi-identique si on fait exception de l'orientation (l'une est le reflet de l'autre).

     

    Sources :

    http://www.museum.org/explore/Unicorn/unicorn-inside.htm qui est également la source des illustrations

    http://www.premiumorange.com/tapisseries-licornes/

    James Cross Giblin, The truth about UNICORNS, 1991, Harper Collins Publishers, 113 pages.

     


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  • La chasse au Moyen-Âge

    La chasse avec des chiens dressés était un sport pour les nobles du Moyen-âge. Étaient utilisés le rache, le lévrier et le mastiff.

    La chasse commençait très tôt le matin, quand le limier suivait à l'odeur la trace du gibier jusqu'à son repaire. Le chasseur marquait alors l'endroit et rapportait des crottes de l'animal à l'endroit où le reste de la troupe attend, prenant le petit déjeuner. Une fois tous les limiers de retour, le Meneur de la chasse choisit la cible ; des chasseurs tenant deux chiens en laisse chacun s'éparpillent sur le chemin que la bête prendra pour s'échapper, lui coupant la retraite.

    La corne au côté, le limier débusquait l'animal. Les cors de chasse servaient à communiquer toutes les informations utiles relatives au gibier et à sa poursuite.

    Durant la poursuite, les cerfs utilisaient la traversée d'une rivière pour empêcher les chiens de suivre son odeur. Les chasseurs avaient au côté de grands couteaux s'avérant utiles pour par exemple dépouiller le gibier.

    Les lances à sangliers étaient particulières, avec des barres de part et d'autre de la lame pour empêcher le sanglier de « remonter » le long de la hampe et blesser les chasseurs. Un homme portait tout le long de la chasse des rafraîchissements pour le Meneur tandis que le maître du limier ayant débusqué le gibier se voyait gratifié d'une brassée de bois de chauffage.

    Seul le Meneur de la chasse avait le droit de donner le coup de grâce au gibier, à l'aide d'une longue épée – sauf si la bête était déjà morte sous les traits des chasseurs. Sonnait alors le Grand Halai puis le gibier était départagé suivant des règles strictes. Les chiens recevaient des traitements de faveur à leur retour de la chasse.

     

    Sources :

    http://www.museum.org/explore/Unicorn/unicorn-inside.htm

    http://www.premiumorange.com/tapisseries-licornes/


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  • La Passion du Christ

    Une hypothèse d'interprétation est celle de la Passion, de la Crucifixion et de la Résurrection du Christ.

    La tapisserie de la Licorne à la Fontaine contient des représentations d'oiseaux liés au Christ, comme le rossignol. La licorne était elle-même symbole du Christ ou de l'Esprit-Saint. Les chasseurs autour, en quatre groupes de trois, symboliseraient les douze Apôtres.

    La Tapisserie Perdue symboliserait l'incarnation du Christ dans le sein de la Vierge Marie.

    La couronne de chêne tenue au-dessus de la tête de la licorne morte a des épines, ce qui rappelle la couronne d'épines du Christ.

     

    La Licorne Captive symboliserait le Christ réincarné. On retrouve au-dessus de la licorne un grenadier, dont le fruit symbolise l'Église, le Christ et la promesse de l'immortalité.

     

    Sources :

    http://www.museum.org/explore/Unicorn/unicorn-inside.htm

    http://www.premiumorange.com/tapisseries-licornes/ à lire pour une analyse approfondie du symbolisme christique

    James Cross Giblin, The truth about UNICORNS, 1991, Harper Collins Publishers, 113 pages.

     


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  • Le mariage

    Cette série de tapisseries, en particulier celle de la licorne captive, pourrait être une allégorie de la recherche et de la capture de l'être aimé. La Licorne Captive, notamment, suggère une allégorie du mariage : ce qui semble être du sang sur la licorne est en fait du jus de grenade, fruit qui symbolise entre autres une descendance nombreuse. On retrouve sur la tapisserie entre autres une grenouille dont on pensait au Moyen-âge que le flanc gauche était aphrodisiaque.

    De plus, la licorne enchaînée à l'arbre peut représenter l'amant enchaîné par l'amour à son épouse.

     

    Sur la tapisserie de la Licorne à la Fontaine, on retrouve de nombreuses créatures au symbolisme fort durant le Moyen-âge. Le chien représentait la fidélité. Le lion était censé être plein de compassion, dormir les yeux ouverts, et donner naissance à des petits morts que le mâle ensuite ramenait à la vie. La lionne et le lion étaient censés se choisir pour la vie, symbolisant ainsi la fidélité conjugale. La panthère, multicolore, était l'ennemie du dragon et attirait ses proies par l'odeur de son haleine. L'hermine – ou la martre – était l'ennemi du basilic ; elle s'accouplait par la bouche pour donner naissance à ses petits par l'oreille, ou inversement. La hyène changeait de sexe et elle pouvait imiter la voix humaine. Les cerfs étaient censés dévorer les serpents ou les mettre en pièces. Les lapins étaient célèbres pour leur descendance abondante.

    La main et le bras de la cinquième tapisserie ressemblent beaucoup au personnage de la Dame dans la tapisserie de la licorne amenée au château, ce qui renforce l'idée de l'amant capturé par sa fiancée. Le couple de la dame et du seigneur pourraient ainsi être un portrait du couple pour lequel les tapisseries ont pu être commandées.

    Le contexte du mariage explique aussi les lettres AE entrelacées, pour « Amour Éternel ».

     

    Source :

    http://www.museum.org/explore/Unicorn/unicorn-inside.htm

    James Cross Giblin, The truth about UNICORNS, 1991, Harper Collins Publishers, 113 pages.

     


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  • Autres interprétations en vrac

    Sur son site internet, Jacky Lorette présente quelques autre hypothèses concernant les tapisseries de la Chasse à la Licorne.

    Il pourrait s'agir de la célébration du millénaire du baptême de Clovis.

    Elles pourraient avoir servi de support mnémotechnique pour l'enseignement de princes et princesses.

    Elles contiendraient un symbolisme alchimique.

    Elles contiennent toutes une figure de « pèlerin », bâton sur l'épaule, effectuant un cheminement initiatique.

    Elles représenteraient les mystères du Rosaire.

    Trois tapisseries représenteraient la création du monde par Dieu et trois autres, des événements importants de la vie de Jésus.

    Toutes représenteraient la vie de Jésus.

    Divers liens possibles entre les personnages des tapisseries et des personnes historiques, ainsi que des inspirations possibles, sont listés.

    Et enfin des tas de petits détails que je vous laisse découvrir par vous-même.

     

    Source :

    http://www.premiumorange.com/tapisseries-licornes/


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