• Tapisseries de la Dame à la Licorne

  • Interprétation classique

    C'est l'interprétation la plus couramment admise, présentée au Musée des Thermes de Cluny.

    Le Goût

    Tapisserie du Goût

    La Dame prend une confiserie dans un drageoir que lui tend sa servante, tandis qu’un petit singe amène une confiserie à sa bouche.
    L’oiseau sur la main de la Dame est à l’origine un faucon, mais une restauration l’a remplacé par une perruche, moins héraldique mais un peu plus féminine. La créature sur sa robe rappelle le chien de compagnie présent dans « à mon seul désir ».
    Deux lionceaux, une panthère, un agneau, un renard, un chien, deux oiseaux dont une pie et de nombreux lapins égaient l’ensemble.

    L'Odorat

    Tapisserie de l'Odorat

    La Dame tresse un collier de fleurs parfumées. Dans le panier derrière elle, le petit singe renifle une fleur.
    Les animaux présents sont : une pie, un héron cendré, un agneau, un lionceau, un lévrier et de nombreux lapins.

    L'Ouïe

    Tapisserie de l'Ouïe

    La Dame joue d’un orgue portatif (ou « positif ») tandis que la servante en actionne les soufflets. L’instrument est posé sur un tapis turc.
    Détail important : le lion et la licorne sont rappelés respectivement sur le montant arrière et avant de l’orgue.
    Sont également présents : deux renards, un lévrier, des oiseaux, un agneau, un lionceau et les inévitables lapins.

    Le Toucher

    Tapisserie du Toucher

    La Dame saisit la corne de la licorne dans un geste qui peut paraître ambigu. Cette fois-ci, c’est elle qui tient la hampe sur laquelle figure le blason. La servante s’est absentée de la scène.
    La licorne a un aspect un peu moins héraldique et le lion a une figure étrange, avec des oreilles pointues.
    On remarque entre autres : une caille, un canard, un autre oiseau, une panthère, deux singes, un lionceau et un peu moins de lapins.
    Certains voient dans cette tapisserie une connotation érotique, la corne de la licorne devenant alors un symbole phallique. Mais il se peut aussi qu’on puisse faire dire ce que l’on veut à cette scène.

    La Vue

    Tapisserie de la Vue

    C’est la tapisserie la plus connue.
    La Dame tend un miroir à la licorne. Celle-ci a posé ses pattes de devant sur les genoux de la Dame et la scène rappelle la légende de la capture de la licorne par une vierge. Le lion est donc le seul à porter la hampe.
    Un lionceau, deux lévriers, un renard, des lapins et quelque chose ressemblant à la fois à un léopard pour les taches et à une martre pour la forme complètent le paysage.
    Détails à noter : la servante s’est absentée de la scène et la licorne relève la jupe de la Dame. Connotation érotique ou fantaisie artistique ? La seconde hypothèse est la plus vraisemblable.

    À mon seul désir

    Tapisserie du Seul Désir

    Le nom de cette scène provient de l’inscription sur la tente. Considérée comme la clôture de la série des cinq sens, elle pourrait tout autant en être l’ouverture.
    La Dame, devant sa tente tenue ouverte par le lion et la licorne, repose (ou prend ?) un collier dans une cassette que lui tend sa servante.
    Les autres animaux présents sont : le petit chien de compagnie de la Dame, un faucon apprivoisé avec ses ficelles aux pattes, un échassier, un lévrier, un tout petit singe et bien sûr deux lapins.
    La symbolique que l’on attribue le plus souvent à cette scène est la renonciation aux cinq sens et aux plaisirs associés.
    Mais cette scène pourrait aussi représenter le « sixième sens ».

     

    Les illustrations sont des cartes postales achetées au Musée de Cluny puis scannées


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  • Introduction aux tapisseries de la Dame à la Licorne

    La série des tapisseries de la Dame à la Licorne a été tissée vers 1500, dans les Flandres. L’année et le lieu exacts sont inconnus, du fait du manque d’archivage. Le commanditaire est un membre de la famille Le Viste, en raison des blasons représentés.

    Ces tapisseries sont tissées de fils de laine et de soie, avec plus de cinq fils de chaîne au cm.

    L’ensemble est composé de six panneaux, représentant les cinq sens et une scène mystérieuse nommée « à mon seul désir ». Elles ont été découvertes en 1841 par Prosper Mérimée, suite à la vente au château où elles se trouvaient, le château de Boussac. Elles sont rapidement entrées dans la légende grâce aux écrits de Georges Sand. Depuis 1882, elles sont exposées à Paris, dans une salle ronde du Musée de Cluny, suite à leur achat par Edmond Du Sommerard.

    Chaque tenture fait environs 3,50 m de côté. Toutes les scènes sont encadrées à gauche par un lion et à droite par une licorne, créatures ici héraldiques servant de supports d’armes. Ceux-ci portent les armoiries de Jean Le Viste, homme puissant proche de Charles VII. On peut aussi voir, en plus de la Dame et de sa servante, quatre arbres, toujours les mêmes, deux grands et deux petits : un oranger, un houx, un chêne, un pin.

    La Dame, sa servante, le lion et la licorne sont assis ou debout sur une île bleue sur fond rouge. La robe de la Dame varie d’une scène à l’autre, de même que l’apparence de la licorne, de la licorne chevaline du Goût à la licorne caprine du Toucher.

    Il n’y a pas de vide dans les tapisseries : toutes la place est occupée par des plantes ou des animaux, sauvages ou non, le tout dans un but esthétique et dans un style très courant à l’époque, dit « mille-fleurs ». 

    ˜Merci à Jacky Lorette pour ses corrections˜

    Sources :

    http://www.licornedecluny.com/docdamlicorn.htm
    http://www.musee-moyenage.fr/pages/page_id18368_u1l2.htm
    http://faidutti.free.fr/licornes/these/these.html
    http://www.france-secret.com/

    Francesca-Yvonne Caroutch. Le Mystère de La Licorne - à la recherche du sens perdu. . 1997.534 pages


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  • Interprétation de Pierre Lassale (cheminement spirituel)

    Pierre Lassalle fait part de son interprétation dans son livre Les Mystères de la Dame à la Licorne, aux éditions TERRA LUCIDA.

    D'après lui, ces tapisseries ont été commandées par le prince Djem, tombé amoureux de la fille de son geôlier. Il écrit avoir vu en rêve leur histoire d'amour et la conception de huit tapisseries. En se basant sur les écrits de George Sand et sur ses propres rêves, il fait redessiner les huit tapisseries à un groupe de peintres.

    D'après Pierre Lassalle, les huit tapisseries représentent l'évolution de l'être humain d'un point de vue spirituel féminin, le cheminement qui va de la sagesse à l'amour. Si deux ont été perdue, c'est, d'après lui, parce que nous ne sommes pas encore capable d'en comprendre le sens.

    D'après ses propres « vérifications » (le nom qu'il donne à ses rêves) la Dame, bien que différente sur chaque tapisserie, est Marie de Blanchefort. Il lie la licorne aux signes du zodiaque du sagittaire et du capricorne, et assure que la licorne a existé il y a 10 ou 12 000 ans, sans préciser qu'il s'agissait du rhinocéros laineux. Il relie aussi les lapins des tapisseries au Courant Rose+Croix, à Vénus et à l'archange Anaël.

    Pierre Lassalle encourage vivement tous les jeunes d'environs vingt ans à méditer sur le sens des huit tableaux qu'il a fait peindre d'après les tapisseries, insistant sur le fait que c'était l'âge qu'avaient Marie et Djem au moment de la conception des tapisseries (toujours d'après ses propres voyages oniriques). Conception qui, d'après lui, est, pour les dessins, entièrement due à Djem (il affirme l'avoir vu durant ses voyages oniriques). Il insiste sur le fait que deux des huit tapisseries devaient disparaître. Il insiste également sur sa propre création de l' « art imaginatif », c'est-à-dire redessiner des œuvres anciennes pour « faire ressortir leurs symboles » ou du moins le symbolisme que ces œuvres peuvent avoir pour le spectateur.

    L'auteur explique qu'il a « recréé » les deux tapisseries manquantes en se basant sur les explications de George Sand mais aussi sur le symbolisme global qu'il souhaitait conférer à l'œuvre. Il classe les tapisseries existantes suivant la « grossièreté » du sens représenté afin d'obtenir un cheminement allant du matérialisme à la spiritualité. Ainsi, pour l'auteur, le fond rouge est le monde matériel et l'îlot bleu, le « sanctuaire intérieur ». Les arbres sont celui de la connaissance du Bien et du mal (comme dans la Bible) et l'autre est l' « arbre de vie [...], de la Rédemption [...] apportée par le Christ ». La houppette de la coiffe de la Dame représente d'après l'auteur le désir de « se connecter à son Âme spirituelle » c'est-à-dire de ressembler à la licorne. Les robes de la Dame passent par toute les couleurs de l'arc-en-ciel (rose au lieu de vert et blanc pour finir). La licorne est le « Je spirituel », « l'Âme ». Le lion est « le corps astral avec tout son cortège de passions », « du côté de l'arbre de la Chute ».

    Pierre Lassalle lie le symbolisme des huit tableaux à celui des huit chakras mais aussi à l'octuple sentier du Bouddha Gautama, tout en prétendant que le bouddhisme est mort et en liant le tout au christianisme ésotérique tel qu'il l'explique lui-même dans l'une de ses œuvres sur le Graal.

    Voici à présent les interprétations qu'il donne des tableaux. Sachez à présent que mon avis personnel, qui n'engage que moi, est que cette interprétation est la plus tirée par les cheveux de toutes, et celle qui s'éloigne le plus du sens véritable de ces tapisseries (rasoir d'Ockham...)

    Le discernement (le goût)

    Tableau du goût

    Il faut « cultiver son discernement au-delà de la sympathie et de l'antipathie ». Il ne faut pas faire la part des choses entre ce qu'on aime ou pas mais entre ce qui est vrai ou pas. La coupe est le Graal, l'épée est Excalibur, avec un tranchant de lumière et un de feu.

    La décision (l'odorat)

    Tableau de l'odorat

    Il faut savoir « prendre les bonnes décisions sans tenir compte des influences extérieures ». Il faut s'intéresser aux « Vertus » et les cultiver « comme des fleurs » dans son corps astral.

    L'écoute (L'ouïe)

    Tableau de l'ouïe

    Il faut cultiver l'écoute tout en se détachant du bruit extérieur et habiller ses propres paroles « avec des parures de fleurs » « empreintes de Vertus ».

    Le miroir (la vue)

    Tableau de la vue

    Il faut se rappeler son idéal spirituel dans l'action. Il faut se relier à son « Âme céleste » tout en contemplant dans son « miroir intérieur » son idéal spirituel « afin d'agir pour le Bien ». Le miroir symbolise la sagesse, il est « un précieux outil d'évolution spirituelle ».

    La maîtrise de soi (le toucher)

    Tableau du toucher

    Il faut apprendre à se maîtriser, organiser sa vie « en restant aligné sur [son] idéal spirituel ». Il faut « méditer sur la Vertu de la Tempérance ». Il ne faut pas dévier de son idéal spirituel. La lance « symbolise le lien que la Dame a établi avec son Âme céleste ». « Ce tableau révèle la première Initiation majeure intitulée « la connexion à l'Âme céleste ». »

    La persévérance (le seul désir)

    Tableau du seul désir

    Il faut cultiver la persévérance pour « rester aligné sur [son] idéal spirituel ». Il faut « comprendre les bienfaits de la discipline spirituelle [...] dont bénéficie le corps éthérique ». Il faut se concentrer « sur le seul Désir qui en vaille la peine : le désir de libération ». Il faut cultiver « la Vertu de la Foi connaissante ». Le chien sur le tabouret « montre le niveau de conscience auquel évolue la Dame ». Le coffret est remplacé par un « creuset alchimique », « la coupe du Graal ». Le collier « est représentatif de l'ultime renoncement ». La destruction du collier « consacre son choix de s'unir à son Âme Céleste ». La tente « marque un passage et l'entrée dans le vrai Monde spirituel ».

    L'expérience (dame de face)

    Tableau de la dame inspirée

    Il faut « acquérir une véritable et libre expérience de la vie » en sachant que « la vie est une mise en scène de cinéma » qu'il faut analyser. Il faut s'ouvrir « à la Vertu de la Fraternité ». Il faut « jouer au metteur en scène qui se repasse la scène ».

    La compréhension (dame sur un trône)

    Tableau de la dame illuminée

    Il faut « augmenter sa compréhension du sens de la vie ». Il faut retrouver « le fil de [sa] destinée ». Il faut cultiver « la Vertu de l'Espérance ». Il faut « faire appel à [son] Âme céleste ». La Dame a atteint le but de « sa quête de virginité ». C'est « l'union avec son Moi supérieur », on peut « devenir le Christ ».

     

    Les illustrations sont les mêmes que celles visibles sur le site de l'art imaginatif : www.art-imaginatif.net/.


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  • Interprétation de Tracy Chevalier (chasse à la licorne)

    Cette interprétation est donnée par Tracy Chevalier dans son roman La Dame à la licorne. Les commentaires des images sont des citations de son roman.

    Le départ pour la chasse

    Tapisserie du Seul Désir

    En premier lieu, la Dame se pare de son collier, pour séduire la licorne.

    Première séduction

    Tapisserie de l'Ouïe

    Elle joue ensuite de l'orgue pour capter l'attention de la licorne.

    Deuxième séduction

    Tapisserie du Goût

    [La Dame] donne à manger à une perruche, la licorne s'est approchée, mais elle est toujours rampante [= cabrée] et elle détourne la tête. Elle est presque séduite, toutefois il lui faut davantage de tentations.

    Troisième séduction

    Tapisserie de l'Odorat

    La Dame tresse ensuite une couronne d'œillets pour un mariage. Son mariage. Comme vous le voyez, cette fois la licorne est paisiblement assise.

    La licorne est séduite

    Tapisserie de la Vue

    La licorne pose la tête sur les genoux de la Dame et elles se contemplent.

    La licorne est captive

    Tapisserie du Toucher

    La Dame a apprivoisé la licorne, elle la tient par la corne. Vous remarquerez que les animaux à l'arrière-plan sont enchaînés : ils sont devenus esclaves de l'amour.

     

    Les illustrations sont des cartes postales achetées au Musée de Cluny puis scannées


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  • Mon interprétation personnelle

    Voici l'interprétation que je donne des tapisseries, suite à une longue réflexion indiquée plus bas

     

    Ce qu'on sait des tapisseries (données historiques sûres)

    Comme nous le rappelle le site de La Licorne de Cluny (parmi d'autres), la date de conception est floue (vers 1500) et le commanditaire est probablement un Le Viste. La première personne à citer Zizim (le prince Djem) comme créateur est Georges Sand, d'esprit romanesque, probablement suite au roman de Guy Allard. Ou peut-être parce que Zizim a séjourné pendant trois ans au château de Bourganeuf, propriété du seigneur de Boussac, où Georges Sand admira les tapisseries. L'idylle avec une nièce de Guy de Blanchefort a pu amener dans l'esprit de Georges Sand la confusion avec Marie de Blanchefort.

     

    Georges Sand, de bonne foi, nous induit pourtant en erreur...

    Dans son article publié dans l'Illustration, Georges Sand décrit les tapisseries en faisant quelques erreurs. Notamment, elle omet la présence du lion. Elle ne se souvient plus (ou n'a pas fait attention) aux différences flagrantes entre les différentes Dames. Elle prend les armoiries des le Viste pour des armoiries turques (d'où confusion avec Zizim). Focalisée sur le personnage romancé de Zizim, et sa mythique idylle chrétienne, elle confond la coupe du « Goût » avec les accessoires du baptême.

    Ainsi les « on-dits » rapportés par Georges Sand, couplés à ses erreurs de mémoire, ont-ils été amplifiés au fur et à mesure du temps, devenant vérité historique dans l'esprit des gens.

    Georges Sand néanmoins fournit quelques indications précieuses pour mieux comprendre les tapisseries. Notamment, elles sont à l'origine au nombre de huit. Sur l'une des tapisseries, la Dame est assise de face ; sur une autre, elle est installée sur un riche trône. Toutes comportent des détails orientalisants.

     

    Le Roman de la Rose et les tapisseries

    En cherchant la signification de la série des huit tapisseries, je suis tombée sur des interprétations très ésotériques, basées sur le mythe Zizim-Blanchefort, mais aussi sur un avis qu'il m'a paru intéressant de creuser (haut de l'écran, remontez d'une ou deux lignes par rapport à l'ancre du lien) : la mise en parallèle avec le Roman de la Rose.

    Le jardin (livre en lien, pages 236 à 263 de la version pdf téléchargeable, aidez-vous de ce dictionnaire au besoin) est décrit comme oriental (« sarrasinesque ») ; or, les tapisseries montrent bien que les scènes se déroulent en orient : turbans, lion, licorne, singe et autres animaux exotiques. Toutes sortes d'animaux et de plantes sont visibles dans le jardin, dont des arbres buissonnants et d'autres au tronc très haut et effilé. Or, les arbres des tapisseries sont représentés soit en buissons, soit avec un tronc très long.

    Différentes Dames vivent dans ce jardin :

    Dame Oyseuse (page 233) est décrite comme blonde avec le nez droit, une fossette au menton, des yeux de faucon, la bouche petite, le cou large et long. Elle tient un miroir, passant ses journées à se parer, et est coiffée de façon compliquée. Elle est vêtue d'une robe d'orfrais (tissus d'or et d'argent). C'est la tapisserie de la Vue.

    Tapisserie de la Vue

     

    Dame Liesce (page 241, page 245) chante. Belle comme une rose, elle a le front blanc, de grands yeux rieurs, des cheveux blonds luisants, une petite bouche. Elle est vêtue d'orfrois. C'est la tapisserie de l'Ouïe.

    Tapisserie de l'Ouïe

     

    Dame Courtoisie (pages 243 et 260) est vaillante. Claire comme la lune, elle est gentille et aimable avec tous. C'est la tapisserie du Toucher.

    Tapisserie du Toucher

     

    Dame Biauté (page 251) est belle et claire comme la lune, blanche comme un lys. Ses cheveux blonds sont longs jusqu'aux talons et ses yeux sont doux. C'est la tapisserie du Goût.

    Tapisserie du Goût

     

    Dame Richece (page 252) est puissante. De haute naissance, tous cherchent à la servir et à lui rendre honneur, bien qu'à sa cour, nombreux sont les médisants. Sa robe est pourpre à orfroi ; elle porte un riche collier, une pierre à sa ceinture, un cercle d'or sur ses cheveux. C'est la tapisserie du Seul Désir (« Mon Seul Désir » devenant le nom de la tente remplie de richesses).

    Tapisserie du Seul Désir

     

    Dame Largece (page 256) est assise bien droite. Très bien éduquée, elle donne à tous, riches ou pauvres, argent et nourriture. Et plus elle donne, plus elle a. Sa robe est d'un pourpre oriental, ouverte, laissant voir sa « gorge », sa « chair » et sa chemise : elle a donné le fermoir. Ses cheveux sont défaits et elle est servie par un chevalier. C'est la tapisserie du Trône.

    Dame Franchise (page 258) est blanche comme la neige. Elle a de longs cheveux blonds. Simple comme une colombe, vêtue d'une fine souquenille (longue blouse) blanche, c'est la tapisserie de la Dame de Face, caressant le lion et la licorne.

    Dame Jonesce (page 261) a le visage clair et luisant. Très jeune (12 ans à peine), elle aime jouer. C'est la tapisserie de l'Odorat.

    Tapisserie de l'Odorat

     

    Conclusion

    En replaçant les six tapisseries restantes dans leur contexte d'origine (huit tapisseries), et en écartant les hypothèses demandant trop d'interprétation, on parvient à une interprétation d'ensemble plus rationnelle : la représentation des personnages d'un roman populaire à l'époque, le Roman de la Rose.

     

    Sources

    http://www.licornedecluny.com/docdamlicorn.htm
    http://www.canalacademie.com/L-histoire-de-Djem-surnomme-Zizim.html
    http://www.amisdegeorgesand.info/tapissbouss.html
    http://www.canalacademie.com/Le-prince-Zizim-et-la-douce.html
    http://www.bleublancturc.com/Turqueries/Tour_Zizim.htm
    http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Dame_à_la_licorne#cite_ref-2
    http://books.google.fr/books?id=tMgFAAAAQAAJ&printsec=frontcover&source=gbs_v2_summary_r&cad=0#v=onepage&q=&f=false
    http://www.larousse.fr/encyclopedie/oeuvre/Roman de la Rose/141396

     

    Les illustrations sont des cartes postales achetées au Musée de Cluny puis scannées, sauf pour les deux dessins faits par moi


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  • Interprétation de Jacky Lorette

    La thèse défendue et développée par Jacky Lorette est celle avancée que M. André Arnaud a exposée dans la revue Galerie des Arts n° 209 d'Octobre 1981, numéro spécial Magie de la tapisserie.

    Leur intime conviction est que les tapisseries de La Dame à la Licorne ont été tissées pour Antoine Le Viste, peut-être à Bruxelles, Tournai ou Bruges. Elles peuvent être l'œuvre du peintre Jean Perréal, dit Jehan de Paris. La mystérieuse Dame serait Mary Tudor, troisième épouse de Louis XII et sœur d'Henry VIII, qui fut reine de France d'août à décembre 1514. Sa Suivante serait Claude de France, épouse de François 1er. Les six tapisseries actuellement visibles au Musée du Moyen Âge et des Thermes de Cluny à Paris, rescapées d'une série de huit tapisseries, racontent divers épisodes de la vie de Mary en France.

    Suite à de longues réflexions au sujet des tapisseries, et à de nombreuses conversations avec des gardiens de musée, Jacky Lorette est parvenu à la conclusion que cette série de tapisseries représente la vie de Mary Tudor, reine de France, entre 1514 et 1515. Sa servante est Claude de France. Lions et licorne représentent d'autres personnages en rapport avec l'évènement décrit (regarder les visages des lions, la forme de leurs crinières...).

    D'après Lorette, il existait à la base sept tapisseries, tissées entre 1515 et 1525 et dessinée par Jean Perréal, commandées en 1515 par Antoine Le Viste veuf désirant épouser Mary Tudor en secondes noce et en avoir un fils. La présence de la licorne s'explique par les armoiries Le Viste qui portent des croissants, li cornes. La tapisserie actuelle du Toucher aurait été tissée après 1525. Une autre possibilité est que George Sand n'ait vu que six tapisseries et ait "inventé" les deux autres à partir de la Vue et de Mon Seul Désir (première version du Toucher, la seconde ayant été tissée en remplacement par manque de place pour suspendre Mon Seul Désir). D'ailleurs, Prosper Mérimée n'a vu que six tapisseries et George Sand, qui a vu de nombreuses fois les tapisseries, n'a jamais parlé de la disparition des deux Trônes et ne mentionne qu'une seule fois le nombre de huit...

    La disparition des Trônes peut s'expliquer de différentes manières. Aux extrémités de la série, il était plus facile de les retirer sans briser le reste de l'ensemble, ou de les décrocher les premières pour ensuite les oublier dans un coin. À moins que, pour des raisons idéologiques, les sous-préfets républicains logés à Boussac entre 1835 et 1926 n'aient préféré faire disparaître ces images trop "monarchiques".

    J. Lorette pense que la tenture originelle de La Dame à la Licorne était constituée de 7 tapisseries et l'histoire tissée de Mary Tudor pourrait être reconstituée ainsi :

    Le Trône aux licornes

    Mary est Reine de France, couronnée en 1514 à Saint-Denis. Elle reçoit les deux sceptres, dont la main de justice dite « de licorne ». La Reine reçoit, lors de la cérémonie, offrandes de pain, vin, pièces d'or.

    Le Goût

     

    Mary envoie des bijoux à son frère Henry VIII. Il s'agit de dix-huit perles et de diamants, qui ne furent jamais rendus à la France malgré les exhortations de François Ier.

     L'Ouïe

     

    Louis XII est mort. Mary, Reine Blanche (veuve sans enfants) est enfermée à l'Hôtel de Cluny durant quarante jours. Elle tente de faire croire à une grossesse tandis que Claude sa servante et la future reine l'est réellement (voir la licorne derrière elle, grosse).

    La Vue

     

    Mary craint son retour en Angleterre, elle envoie le diamant  « le Miroir de Naples » à son frère. Elle est assise, non sur un trône, mais sur un banc. Elle épouse Charles Brandon duc de Suffolk tout en redoutant la réaction de son frère Henry VIII. Il manque cinquante centimètres en bas de la tapisserie, représentant entre autres animaux le petit singe.

    L'Odorat

     

    Mary perd la couronne de France. Les oeillets, symbole de la France, sont confiés à Claude son ancienne servante, qui va la remplacer sur le trône. Elle les remplace par des roses, symboles de l'Angleterre où elle va retourner. Les armoiries du lion ne sont pas "à l'envers", elles sont annulées car portées par un lion représentant une femme, Louise de Savoie, mère de François Ier.

    Le Toucher (Mon Seul Désir)

     

    Attendant à Calais le bateau pour Douvres, elle rend tous ses cadeaux de mariage, dont les joyaux de la couronne française. Claude son ancienne servante, la nouvelle reine de France, exulte en les récupérant. C'est à présent Claude qui porte la coiffure avec le toupet ainsi que la robe rouge. La tente est couverte d'un « larmier » d'or représentant les pleurs de Mary pour son défunt époux Louis XII, ceux du peuple de France, ceux de l’artiste et ceux d'Antoine Le Viste pour la femme qu'il a peut-être aimée.

    L'inscription sur la tente : A mon seul désir R signifierait À Mary Suffolk Duchesse Reyne.

    Le Trône au dais

    Mary porte les titres de Duchesse-Reine (duchesse de Suffolk et reine-douairière de France). Le dais est là pour rappeler la permanence de son titre de Reine de France.

    La série de 7 tapisseries, conçue et tissée entre 1515 et 1520 par exemple, uniquement centrée sur Mary, sur son séjour parisien en tant que Reine de France, sur l'amour que doit lui avoir porté Antoine Le Viste, se termine comme elle a commencé, royalement !

    La disparition des Trônes peut s'expliquer de différentes manières. Aux extrémités de la série, il était plus facile de les retirer sans briser le reste de l'ensemble, ou de les décrocher les premières pour ensuite les oublier dans un coin. À moins que, pour des raisons idéologiques, les sous-préfets républicains logés à Boussac entre 1835 et 1926 n'aient préféré faire disparaître ces images trop « monarchiques ».

    Dans ce désordre des Sens voulu par le peintre, l'histoire de Mary disparaît, diluée, quasi illisible jusqu'en 1981.

    Les 7 tapisseries de 1515 dans l'ordre chronologique des évènements
    1 2 3 4 5 6 7
    Mary seule assise ? Claude à gauche, Mary à droite Mary à gauche, Claude à droite Mary seule assise Claude à gauche, Mary à droite Mary à gauche, Claude à droite Mary seule assise ?
    - 4,60 x 3,75 ; plus large 3,68 x 2,90 3,30 x 3,10 3,20 x 3,67 4,70 x 3,76 ; plus large -
    Le Trône 1 Le Goût L'Ouïe La Vue L'Odorat Le Toucher (La Tente) Le Trône 2

    Pavie (le Toucher)

     

    La 8ème tapisserie, où Mary est absente, actuellement nommée Le Toucher n'est dessinée et tissée qu'après 1525. Cette pièce surnuméraire évoque la défaite française de Pavie et la grande colère d'Antoine Le Viste et de ses amis politiques. Anne de France (soit le Connétable de Bourbon) incarne la déesse Athéna. La licorne est caprine ; le lion porte l'écu allemand et représente Charles Quint. Le lion est Henry VIII. De retour de sa geôle madrilène, après sa capture à Pavie (les animaux sont tous enchaînés), François 1er reprend le pouvoir. Il rappelle à l'ordre le Parlement dont Antoine Le Viste est quatrième Président, l'humilie au cours d’un Lit de Justice.

    ˜Merci à Jacky Lorette pour ses corrections˜

    Source :

    http://www.premiumorange.com/tapisseries-licornes/ à lire absolument, contient une étude extrêmement détaillée du symbolisme historique des tapisseries. 

     

    Les illustrations sont des cartes postales achetées au Musée de Cluny puis scannées


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  • Interprétation de George Sand

    Le texte qui suit est un extrait de l'article publié par George Sand dans l'Illustration du 3 juillet 1847. 

    Sur huit larges panneaux qui remplissent deux vastes salles (affectées au local de la sous-préfecture), on voit le portrait d’une femme, la même partout, évidemment ; jeune, mince, longue, blonde et jolie ; vêtue de huit costumes différents, tous à la mode de la fin du XVe siècle. C’est la plus piquante collection des modes patriciennes de l’époque qui subsiste peut-être en France : habit du matin, habit de chasse, habit de bal, habit de gala et de cour, etc. Les détails les plus coquets, les recherches les plus élégantes y sont minutieusement indiqués. C’est toute la vie d’une merveilleuse de ce temps-là. Ces tapisseries, d’un beau travail de haute lisse, sont aussi une œuvre de peinture fort précieuse, et il serait à souhaiter que l’administration des beaux-arts en fît faire des copies peintes avec exactitude pour enrichir nos collections nationales, si nécessaires aux travaux modernes des artistes. 
Je dis des copies, parce que je ne suis pas partisan de l’accaparement un peu arbitraire, dans les capitales, des richesses d’art éparses sur le sol des provinces. J’aime à voir ces monuments en leur lieu, comme un couronnement nécessaire à la physionomie historique des pays et des villes. Il faut l’air de la campagne de Grenade aux fresques de l’Alhambra. Il faut celui de Nîmes à la Maison Carrée. Il faut de même l’entourage des roches et des torrents au château féodal de Boussac ;et l’effigie des belles châtelaines est là dans son cadre naturel. 
Ces tapisseries attestent d’une grande habileté de fabrication et d’un grand goût mêlés à un grand savoir naïf chez l’artiste inconnu qui en a tracé le dessin et indiqué les couleurs. Le pli, le mat et les lustrés des étoffes, la manière, ce qu’on appellerait aujourd’hui le chic dans la coupe des vêtements, le brillant des agrafes de pierreries, et jusqu’à la transparence de la gaze, y sont rendus avec une conscience et une facilité dont les outrages du temps et de l’abandon n’ont pu triompher. 
Dans plusieurs de ces panneaux, une belle jeune enfant, aussi longue et ténue dans son grand corsage et sa robe en gaine que la dame châtelaine, vêtue plus simplement, mais avec plus de goût peut-être, est représentée à ses côtés, lui tendant ici l’aiguière et le bassin d’or, là un panier de fleurs ou des bijoux, ailleurs l’oiseau favori. Dans un de ces tableaux, la belle dame est assise en pleine face, et caresse de chaque main de grandes licornes blanches qui l’encadrent comme deux supports d’armoiries. Ailleurs, ces licornes, debout, portent à leurs côtés des lances avec leur étendard. Ailleurs encore, la dame est sur un trône fort riche, et il y a quelque chose d’asiatique dans les ornements de son dais et de sa parure splendide.
Mais voici ce qui a donné lieu à plus d’un commentaire : le croissant est semé à profusion sur les étendards, sur les bois des lances d’azur, sur les rideaux, les baldaquins et tous les accessoires du portrait. La licorne et le croissant sont les attributs gigantesques de cette créature fine, calme et charmante. Or, voici la tradition. 
Ces tapisseries viennent, on l’affirme, de la tour de Bourganeuf, où elles décoraient l’appartement du malheureux Zizim ; il en aurait fait présent au seigneur de Boussac, Pierre d’Aubusson, lorsqu’il quitta la prison pour aller mourir empoisonné par Alexandre VI. On a longtemps cru que ces tapisseries étaient turques. On a reconnu récemment qu’elles avaient été fabriquées à Aubusson, où on les répare maintenant. Selon les uns, le portrait de cette belle serait celui d’une esclave adorée dont Zizim aurait été forcé de se séparer en fuyant à Rhodes ; selon un de nos amis, qui est, en même temps, une des illustrations de notre province*, ce serait le portrait d’une dame de Blanchefort, nièce de Pierre d’Aubusson, qui aurait inspiré à Zizim une passion assez vive, mais qui aurait échoué dans la tentative de convertir le héros musulman au christianisme. Cette dernière version est acceptable, et voici comment j’expliquerais le fait : lesdites tentures, au lieu d’être apportées d’Orient et léguées par Zizim à Pierre d’Aubusson, auraient été fabriquées à Aubusson par l’ordre de ce dernier, et offertes à Zizim en présent pour décorer les murs de sa prison, d’où elles seraient revenues, comme un héritage naturel, prendre place au château de Boussac. Pierre d’Aubusson, grand maître de Rhodes, était très porté sur la religion, comme chacun sait (ce qui ne l’empêcha pas de trahir d’une manière infâme la confiance de Bajazet) ; on sait aussi qu’il fit de grandes tentatives pour lui faire abandonner la foi de ses pères. Peut-être espéra-t-il que son amour pour la demoiselle de Blanchefort opérerait ce miracle. Peut-être lui envoya-t-il la représentation répétée de cette jeune beauté dans toutes les séductions de sa parure, et entourée du croissant en signe d’union future avec l’infidèle, s’il consentait au baptême. Placer ainsi sous les yeux d’un prisonnier, d’un prince musulman privé de femmes, l’image de l’objet désiré, pour l’amener à la foi, serait d’une politique tout à fait conforme à l’esprit jésuitique. Si je ne craignais d’impatienter mon lecteur, je lui dirais tout ce que je vois dans le rapprochement ou l’éloignement des licornes (symbole de virginité farouche, comme on sait) de la figure principale. La dame, gardée d’abord par ces deux animaux terribles, se montre peu à peu placée sous leur défense, à mesure que les croissants et le pavillon turc lui sont amenés par eux. Le vase et l’aiguière qu’on lui présente ensuite ne sont-ils pas destinés au baptême que l’infidèle recevra de ses blanches mains ? Et, lorsqu’elle s’assied sur le trône avec une sorte de turban royal au front, n’est-elle pas la promesse d’hyménée, le gage de l’appui qu’on assurerait à Zizim pour lu faire recouvrir son trône, s’il embrassait le christianisme, et s’il consentait à marcher contre les Turcs à la tête d’une armée chrétienne ? Peut-être aussi cette beauté est-elle la personnification de la France. Cependant, c’est un portrait, un portrait toujours identique, malgré ses diverses attitudes et ses divers ajustements. Je ne demanderais, maintenant que je suis sur la trace de cette explication, qu’un quart d’heure d’examen nouveau desdites tentures pour trouver, dans le commentaire des détails que ma mémoire omet ou amplifie à son insu, une solution tout aussi absurde qu’on pourrait l’attendre d’un antiquaire de profession. 
Car, après tout, le croissant n’a rien d’essentiellement turc, et on le trouve sur les écussons d’une foule de familles nobles en rance. La famille des Villelune, aujourd’hui éteinte, et qui a possédé grand nombre de fiefs en Berry, avait des croissants pour blason. Ainsi nous avons cherché, et il reste à trouver : c’est le dernier mot à des questions bien plus graves.

    Source :

    SAND George, Promenade dans le Berry. Mœurs, coutumes, légendes. Préface de Georges Lubin, Complexe, s.l., 1992, coll. Le Regard Littéraire, n°55, pp.94-101. 


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  • Courte réflexion sur la Vue

    Dans le livre Female nudes de Alina Reyes et Bernard Matussières, une courte réflexion est faite au sujet de la tapisserie de la Vue.

     

     La licorne contemple le miroir, mais elle ne regarde pas le reflet : elle regarde la Dame. La licorne se retrouve dans la Dame; la seconde révèle à la première son image, avec grâce et gentillesse. La Dame accepte sa propre virilité qu'elle retrouve dans le miroir tandis que la licorne accepte la nature duale de la Dame. Mais le miroir va plus loin : tout comme la Dame est habillée, la licorne est nue. La licorne est nue comme la Dame se prépare à l'être lorsqu'elle commence à se déshabiller dans la tapisserie Mon Seul Désir où elle utilisera alors ses cinq sens afin de satisfaire son seul désir.

     

    Les illustrations sont des cartes postales achetées au Musée de Cluny puis scannées


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  • Interprétation d'Yvonne Caroutch

    1) le Goût

    Le lion est le soufre (masculin). La licorne, minerai purifié après la première opération alchimique. La Lune montante suggère la récupération de la Rosée, force de la Nature.

     

    2) l'Odorat

    Le singe respire les fleurs. Il symbolise le minerai (Souvre et minerai). Le chardon symbolise le gardien de la Rosée, qu'il garde entre ses feuilles. C'est la raison pour laquelle il existe en Angleterre un Ordre du Chardon.

     

    3) le Toucher

    Ce sens est lié à la fixation du mercure, et au règne de Jupiter. Le singe qui symbolise ici le mercure est enchaîné. La chaîne de la robe est la chaîne des plans successifs qui vont de l'Empyrée à la matière grave. Le diadème représente la matière qui se lève au-dessus du creuset.

     

    4) la Vue

    Voici la période du REBIS la chose double ; le soufre et mercure, étant unis, ne peuvent plus être séparés. C'est le signe que le nitre céleste a épousé le nitre terrestre.

     

    5) l'Ouïe

    Ce sens correspond à l'Œuvre au Rouge. Ceux qui procèdent par la voie sèche peuvent entendre des sifflements qui sortent du creuset, sur le mode d'un octave ascendant.

    La robe somptueuse de la Dame indique l'ultime séparation entre les reliquats de l'Ombre et de la Lumière de la matière qui rougeoie de plus en plus.

     

    6) à mon Seul Désir

    Nous approchons de la phase ultime de la Pierre au Rouge. La Dame, ainsi que sa suivante, sont habillées de rouge. La Pierre est personnifiée par le coffret aux joyeux – symbole de richesse. Il y a ici rappel des conditions pour obtenir le nitre céleste. L'inscription « à mon seul désir » doit être lue : sel d'Ammon.


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