• Otherkin et appropriation culturelle : les animaux-totems

    Ceci est la mise au propre d'une série de posts sur Tumblr, tous disponibles à l'adresse indiquée en bas.

    Historiquement parlant, les communautés otherkin, thérian, et toutes les branches de l'alter-humanité ont commencé par « je suis un elfe » ou « je descend des elfes » et autres variations, elles-mêmes causées par la publication du Seigneur des Anneaux. Tout a découlé de là. D'autres espèces mythologiques ont suivi, puis des loups-garous on est arrivés aux animaux-garous, puis aux animaux tout court, pour finalement inclure les espèces disparues, et des espèces ou personnages de fiction contemporaine. Toute personne affirmant le contraire, nie l'histoire de ces communautés.

    Ainsi, certains « révisionnistes » anti-otherkin, à court d'arguments psychophobes et transphobes, ou pour se dorer le blason, hurlent à l'appropriation culturelle afin de pouvoir pointer du doigt et insulter les personnes otherkin. Certains vont jusqu'à instrumentaliser les « skinwalker » et les animaux-totems des Natifves Amérindians et d'autres minorités culturelles à-travers le monde. Ces personnes prétendent donc qu'être thérian ou otherkin, c'est la même chose que toutes ces croyances différentes issues de cultures différentes et de lieux différents, voire même de périodes historiques différentes.

    Heureusement, sur Tumblr il y a de tout, y compris des personnes qui ont grandi dans ces cultures où les skinwalkers, animaux-totems et autres concepts culturels et spirituels existent et sont originaires. Et ont eu la patience et la bonté d'éduquer les ignorans au sujet de la différence entre les deux.

    Ces personnes affirment, en toute connaissance de cause car elles vivent à l'intersectionnalité de ces cultures soit-disant « appropriées » et des communautés alter-humaines, que les deux sont totalement différentes.

    Par exemple, un totem a quelque chose à voir avec l'héritage familial et l'adoration d'esprits ancestraux, du moins dans les cultures Natives Amérindiennes. Les skinwalkers quant à eux, ne sont pas du tout des humains, au contraire des otherkin / thérian. Ce sont plutôt des monstres ou des cryptides, qui attaquent les humains. Leur rôle culturel ressemble un peu au croquemitaine européen, mais en bien pire. L'association avec les humains et la sorcellerie vient de mauvaises traductions vers l'anglais. Associer les otherkin / thérian avec les skinwalker, c'est chercher à faire croire que les premiers sont aussi mauvais que les seconds.

    D'autres prétendent que l'appropriation se fait sur les Esprits Animaux des Premières Nations amérindiennes. Là encore, ce n'est pas le cas. Ches les peuples Natifs, le sujet des Esprits Animaux est considéré comme « tabou », et il est interdit d'en parler avec les « étrangers » (la limite entre les « proches » et les « étrangers » variant suivant le groupe culturel pris en compte). Un Esprit Animal est à la fois soi-même et une entité séparée, un peu comme les Daemons dans « La Croisée des Mondes » de Pullman. Ces Esprits représentent souvent un soi épuré et divin, et peuvent remplir le rôle de guide dans le monde spirituel. Ce sont aussi d'importants protecteurs, des messagers, nos représentants dans le monde des esprits, et ils nous donnent certains pouvoirs spirituels.

    Suivant les peuples d'origine, les croyances varient entre « tout le monde a un Esprit Animal » et « seules les personnes des Premières Nations ont un Esprit Animal ». Si une personne censée avoir un Esprit Animal n'en a pas, c'est un gros problème. Tandis que d'autres personnes Natives n'ont pas d'Esprit Animal car cela n'a jamais été important pour elles, ou parce qu'elles ont une religion qui n'inclue pas les Esprits Animaux.

    Mais cela n'a absolument rien à voir avec le fait d'être otherkin ! Une personne Native avec un Esprit Animal en témoigne. Quand on a un Esprit Animal, cela va de pair avec des objets rituels comme un sac-médecine rempli de morceaux de corps de l'Esprit Animal (plumes, poils, os...), des rituels de remerciement et d'adoration envers l'Esprit Animal, des prières, et l'Esprit Animal est forcément une créature réelle vivant dans la même zone géographique que la personne. Cela est totalement différent des otherkin, car n'importe quelle espèce, de n'importe quelle zone géographique, même disparue, même fictive, peut être un kintype. De plus, une personne qui a un Esprit Animal de fait pas l'expérience de shifts, au contraire des otherkin. Ce sont vraiment deux concepts totalement différents.

     

    Sources : http://who-is-page.tumblr.com/post/145283173719/otherkin-originated-as-i-was-an-elf-in-a-past - http://who-is-page.tumblr.com/post/144854302039/jerseyfiredragon20-raggedyranger


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  • Otherkin et autiste, le changelin des temps modernes

    J'ai pu observer – et en discutant avec d'autres personnes cette observation a pu être confirmée – qu'il y a une plus forte proportion de personnes autistes dans les communautés alter-humaines que dans la partie classiquement humaine de la population. Cela peut être dû à, soit un biais car les personnes autistes partagent plus facilement sur Internet par écrit que des personnes qui ne le sont pas ; soit à l'effet aliénant de l'autisme, via un sentiment de venir d'ailleurs ainsi que le rejet par le reste de la population, surtout par la famille proche. Rare en effet sont les familles qui vont spontanément demander un diagnostic pour un enfant à l'intelligence normale ou supérieure, sans compter le biais du manque de diagnostic des personnes autistes assignées fille à la naissance. D'ailleurs à ce propos, les changelins sont plus souvent des garçons que des filles – tout comme l'autisme est plus facilement diagnostiqué chez les garçons que chez les filles. Les parents, devant cet enfant étrange, réagissent plus souvent en cherchant à forcer par l'éducation ou la punition un comportement « normal » et « acceptable » – plutôt que de chercher à voir un spécialiste de l'autisme à ce sujet. La psychanalyse est aussi passée par là, à affirmer que l'autisme est une névrose ou une psychose causée par le comportement des parents, ce qui n'aide personne et encore moins les autistes. Tout ça pour dire que les enfants autistes vont souvent s'attirer les foudres de leur entourage, ainsi que des maltraitances de toutes sortes.

    L'Histoire nous a aussi montré que les premières communautés otherkines étaient liées aux elfes et aux fées. J'ai trouvé le parallèle fascinant.

    Les légendes des changelings (ou changelins en français) rassemblent tous ces traits : autisme, maltraitance – torture – meurtre des enfants, et le fait de ne pas être humain car venant du royaume des fées et des elfes (ou autre créature magique en fonction de la région : troll, tigre, etc.).

    Voici quelques points communs plus détaillés entre l'autisme, et les fées ou les changelins.

    Pour empêcher les fées d'enlever un enfant, il est conseillé de mettre du sel ou des graines ou autre grand nombre de petits objets au niveau des portes et des fenêtres. En effet les fées ne peuvent pas s'empêcher de se mettre à les compter. Or, l'autisme va souvent avec des TOCs, les plus visibles d'entre eux étant des TOCs de rangement ou de comptage. (même si la majorité des TOCs concernent des pensées intrusives) Un autre moyen de prévenir l'enlèvement par les fées est d'utiliser des plantes à l'odeur forte ; les autistes ont souvent des hypersensorialités et peuvent ne pas supporter certaines odeurs.

    La religion tient les changelins à distance – les autistes vont souvent se tenir à distance de la religion.

    Un changelin a un appétit qui est anormal pour un être humain, il va consommer beaucoup de nourriture mais restera maigre. De même les enfants autistes qui ont des problèmes avec la texture des aliments vont souvent réclamer beaucoup de nourriture sous l'effet de la faim, mais si la texture n'est pas satisfaisante ils ne vont pas la consommer et restent maigres. C'est un peu moins vrai de nos jours où il est plus facile d'avoir accès à de la nourriture très riche en graisses et sucres, avec un vaste panel de textures, goûts et couleurs. Avant l'industrialisation de l'alimentaire, cela devait être un vrai calvaire à vivre dans une famille campagnarde et pauvre.

    Les changelins s'expriment d'une façon étrange et maniérée, qui ne concorde pas avec l'âge qu'ils auraient s'ils avaient été des « vrais enfants ». De même les personnes autistes vont avoir des stéréotypies de langage et répéter comme un perroquet des paroles entendues ailleurs, ce qui peut faire qu'un enfant autiste va parler comme un vieillard s'il a souvent entendu des vieilles personnes parler.

    Les changelins sont très mal à l'aise et réagissent fortement à tout ce qui sort de l'inhabituel. Au lieu d'en rire, ils en expriment de la détresse ou de la curiosité. Pareil pour les personnes autistes, qui peuvent exprimer une très grande détresse à la vue du moindre changement dans leur environnement ou dans leurs routines de vie. Cela peut aller jusqu'à exprimer de la terreur devant ce qui sort de l'ordinaire. L'humour, lorsque cela ne concerne pas des jeux de mots, peut aussi être très dur à comprendre pour une personne autiste, et entraîner un malaise. Autant de réactions qui sont étranges et intrigantes pour des personnes non-autistes – et servent à détecter les changelins.

    Parfois les changelins montrent qu'ils maîtrisent un instrument de musique ou autre activité de précision, mieux souvent que ses parents humains. Il arrive qu'un enfant autiste développe très rapidement d'excellents capacités pour une occupation qui le passionne, au détriment des autres aspects de sa vie.

    Les changelins peuvent aussi être éternellement silencieux – certains autistes ne peuvent pas communiquer de manière verbale – éternellement rêveurs – les autistes ont du mal à se concentrer à regarder le visage de leur interlocuteur, donnant l'impression d'être « ailleurs » durant la conversation – et incapables d'émotions humaines – les autistes n'expriment pas leurs émotions d'une manière que les personnes non-autistes parviennent à déchiffrer et comprendre, ce qui donne la fausse impression que les autistes n'ont aucune empathie.

    Les légendes des changelins se terminent quasiment toutes par la mort du changelin dans des conditions atroces, battu, torturé, brûlé ou enterré vif. L'enfant humain n'est que rarement retrouvé. Là encore il y a un triste parallèle à effectuer avec les trop nombreux faits divers où des parents maltraitent et torturent jusqu'à la mort un enfant handicapé, en affirmant que cet enfant handicapé leur « vole » l'enfant « normal » qu'ils auraient dû avoir.

    Un autre moyen de se débarrasser du changelin est de ne pas s'en occuper, sa « vraie mère » revenant le chercher juste avant sa mort. Plus il hurle – et les changelins hurlent plus que les enfants humains – mieux c'est. Même parallèle que pour le point précédent : beaucoup d'enfants handicapés sont encore de nos jours négligés par des parents déçus de ne pas avoir un enfant « normal », au point parfois d'en mourir. Des fois il suffit qu'un bébé pleure un peu « trop » au goût de ses parents, pour enclencher la machine de maltraitance. Un changelin est un bébé qui pleure « trop ».

    De toute façon, le changelin peut être un morceau de bois ou une statue de cire, et n'a aucune âme, donc le tuer n'a pas d'importance. La même chose a été dite plusieurs fois dans le passé pour justifier l'extermination des personnes handicapées, dont des autistes. Par exemple Hans Asperger a participé à ce massacre.

    Une autre manière de récupérer le « vrai » enfant est d'aller voir les fées et de faire beaucoup de bruit de manière discordante, ce que les fées ne supportent pas. Les autistes non plus d'ailleurs.

    Lorsqu'un enfant volé par les fées est recouvré, il passe le reste de sa vie à chercher à retourner parmi les fées. Les autistes aussi, ne se sentent pas à leur place parmi les « mortels » et passent beaucoup de temps à trouver un environnement qui leur convienne. Et ce, même lorsqu'ils parviennent à interagir avec le reste de la société – au prix d'incommensurables efforts et d'une fatigue inouïe.

    De véritables personnes, enfants et adultes, ont été torturés et tués par des prêtres sous prétexte d'être des changelins. Martin Luther a lui-même mentionné un changelin dans la ville de Dessau, décrivant ce que de nos jours nous appellerions un enfant autiste non-verbal exprimant ses émotions d'une manière non-conventionnelle. Le prêtre local a affirmé que l'enfant n'avait pas d'âme, et après 1 an d'exorcisme, il est décédé. En 1690 en Suède, un événement rare s'est produit : des parents ont été condamnés par la justice pour avoir laissé mourir de froid un « changelin » durant la nuit de Noël.

    En 1895, un fait divers dans les Îles Britanniques expose la torture et le meurtre d'une femme de 26 ans, accusée d'avoir été remplacée par un changelin. Elle était simplement tombée malade. Elle s'appelait Bridget Cleary.

    Lors du 19ième siècle, les meurtres de « changelins » font progressivement place à la maltraitance de personnes en situation de handicap. La situation a-t-elle beaucoup évolué depuis ? Regardez les faits divers des journaux et lisez les forums otherkin ou posez-y des questions. Mais préparez votre boîte de mouchoirs avant. Car si le nom et les prétextes ont changé, les attaques restent bien réelles.

    Ah et au passage, les contes des changelins décrivant des personnes autistes datent pour certains d'avant la chrétienté. Donc si vous avez besoin d'une preuve que l'autisme est causé par autre chose que les vaccins... Les légendes sur les changelins suffisent.

     

    Sources :

    Terri Windling, The Stolen Child : Tales of Fairy Changelings, 2003. Accessible sur < http://www.terriwindling.com/folklore/changelings.html >. Consulté le 17 mai 2018.

    AFP, Le Dr Asperger aurait activement coopéré avec les Nazis, 2018. Accessible sur < https://informations.handicap.fr/art-asperger-nazis-collaboration-853-10773.php >. Consulté le 17 mai 2018.

    D. L. Ashliman, Changeling Legends from the British Isles, 19 mars 2013. Accessible sur < http://www.pitt.edu/~dash/britchange.html >. Consulté le 17 mai 2018.

    D. L. Ashliman, Changelings, 3 septembre 1997. Accessible sur < http://www.pitt.edu/~dash/changeling.html >. Consulté le 17 mai 2018.


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  • La spiritualité rationnelle

    Ça fait un bail que ça me démange de parler de ça, alors me voilà avec un petit râlage fait maison. Je veux parler bien évidemment des personnes qui se cachent derrière leur spiritualité pour affirmer des choses complètement nawak, voire fausses et malsaines, sous prétexte que, c'est leur spiritualité donc c'est important. Un peu comme les complotistes qui croient que la vérité c'est quelque chose qu'on trouve uniquement dans son cœur et pas en faisant des études.

    Reprenons les choses depuis le début voulez-vous bien ?

    Quand on est otherkin, on est souvent à jongler entre la réalité physique du monde objectif, et la réalité subjective de ses propres ressentis. Et beaucoup de personnes commencent leur exploration de leur identité alter-humaine en se retrouvant face à des réalités physiques qui semblent incompatibles – quand ce ne sont pas des trolls anti-kin ou anti-LGBTI+ qui s'en chargent à notre place. Or, les deux ne sont en rien incompatibles !

    Certes, il y a le monde physique. Tangible. « Réel » pourrait-on dire – comme si la subjectivité était « fausse ». Le monde dans lequel nous baignons toustes et que nous avons toustes en commun. Un monde que nous aurons beau interpréter de la manière que nous voudrons, ça ne fera pas disparaître la Tour Eiffel, ça ne rendra pas les vaccins toxiques, ça ne changera pas l'orientation romantique / sexuelle des gens, et ça ne fera pas de Macron un reptilien. C'est le monde qu'étudient les physiciens, les astronomes, les biologistes, les archéologues. Si on n'a pas de preuve, on ne dit rien sur le sujet. Quand on ne sait pas quelque chose, on le dit. Quand on découvre qu'on s'est trompé car de nouvelles informations viennent remettre en question des conclusions, on reprend tout depuis le début pour voir où ça a merdé.

    Dans ce monde, nous sommes toustes des Homo sapiens. Pas besoin de nous le rappeler, nous sommes au courant du corps que nous avons, merci bien. Nous ne pouvons pas voler, nous avons besoin d'une nourriture propre au régime omnivore opportuniste de notre espèce, et les végétalians se complémentent en B12 pour éviter d'en mourir. Et nous sommes, pour la quasi-totalité, parfaitement fonctionnel's au quotidien.

    En parallèle au monde physique, tangible, objectif, et désenchanté, il y a la réalité subjective de note esprit. Celle dans laquelle baignent les sciences historiques et sociales, les sciences psychologiques, et la formation de l'identité. Tout ce qui touche au fonctionnement de notre cerveau, à notre manière de faire l'expérience du monde, à nos sentiments, nos ressentis, nos sensations, et à notre manière d'interpréter tout ça. La spiritualité, la religion, font partie de ce monde.

    Dans ce monde subjectif, tout peut se dérouler. Absolument tout. Il n'y a qu'à observer les sociétés contemporaines au sujet de l'orientation homosexuelle / homoromantique : le point de vue des gens va de « c'est un péché mortel, c'est un crime, c'est une abomination » à « c'est cool, peace and love les gens, pour vous marier faut demander tels papiers à la mairie, pour adopter c'est ce formulaire, bonne journée ». Le fait reste le même : il y a des gens qui sont attirés romantiquement et/ou sexuellement, par des gens du même genre social. La réaction sociale, le jugement subjectif, seuls varient. Les deux mondes, objectif et subjectif, ne sont pas incompatibles, et tout peut arriver dans le monde subjectif.

    Pas incompatibles j'ai dit ? Ouhlà, parfois si pourtant !

    Prenons l'exemple des personnes otherkin, puisque c'est un peu la catégorie de personnes dont je parle dans cette section de mon blog. Prenons l'expérience subjective de ressentir avoir le corps d'une autre espèce, au complet, sans plus ressentir le corps humain. Certans, pragmatiques, vont appeler cela « shift fantôme » ou « shift astral » et lui accoler un adjectif qualificatif comme « total » ou « très intense » pour bien décrire l'expérience. Car, objectivement, il est impossible de métamorphoser son corps physique (jusqu'à preuve formelle du contraire bien entendu, sans oublier qu'un témoignage n'est pas une preuve, et qu'à affirmation extraordinaire il faut des preuves plus qu'ordinaires hein...). D'autres vont distordre les connaissances que nous avons du monde physique objectif ( « un humain ne peut pas se métamorphoser car les humains ne sont pas des poulpes mimétiques » ) en fonction de leur ressenti subjectif, et affirmer, « je peux me transformer physiquement en loup ». Et ce, même s'il n'y a strictement aucune preuve matérielle du phénomène.

    C'est là que nous entrons dans ce que j'appelle la « subjectivité irrationnelle ». Peut-être que les psychologues et neurologues ont un autre nom pour ça (tout document complémentaire est bienvenu, les commentaires peuvent servir à ça aussi). Toujours est-il que ce genre de déni de la réalité objective du monde, au profit d'une subjectivité prise comme une Vérité Vraie Absolue(TM) est à mon avis malsain. Quand notre propre subjectivité va à l'encontre de l'objectivité, cela ne veut pas dire que l'objectivité a tort, mais que notre subjectivité a essayé de nous dire quelque chose à propos de nous-même et de notre manière de percevoir le monde. Si vous pensez que Macron est un reptilien parce qu'une vidéo compressée mal encodée lui donne des yeux blancs pendant 3 frames, cela vous renseigne, non pas sur l'existence de reptiliens, mais sur votre ignorance du processus d'encodage et de compression vidéo. Le Youtubeur Defakator a d'ailleurs fait la démonstration du processus dans une de ses vidéos, je vous laisse aller voir.

    Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Votre ressenti et vote subjectivité sont tout à fait légitimes. Mais là où il faut éviter de se laisser embarquer, c'est dans une interprétation faussée du monde.

    Si vous prenez tout un package de plein de ressentis et expériences subjectives et que vous en concluez : « de manière non-physique, je peux dire que je suis un dragon de glace » tout va bien, cela n'entre pas en conflit avec le monde objectif. Personne ne peut prouver que vous êtes – ou pas – subjectivement un dragon de glace. C'est une affirmation non-scientifique, donc subjective, donc personne ne peut vous dire que vous avez tort, surtout que ça vous concerne vous-même personnellement. Il en est de même pour plein de points sociaux, comme les genres sociaux. Certes ils sont imposés en fonction de l'aspect de l'appareil génital à la naissance, mais objectivement, naître avec une vulve ne prédispose pas à faire la cuisine, tout comme naître avec un pénis ne prédispose pas à faire du foot. Il existe plein de chefs cuisiniers nés avec un pénis, et de footballeuses nées avec une vulve. Ces personnes existent, donc les rôles genrés dans lesquels on enferme les personnes sont bien subjectifs. De plus, ils changent en fonction des sociétés et des époques, ce qui démontre bien leur subjectivité et leur construction sociale. Tout ce qui existe physiquement, c'est un appareil génital externe à la naissance. Quelques centimètres cube de chair, qui se situent loin du cerveau, n'ont aucune influence sur le développement neurologique et cérébral des individus durant leur enfance et après. C'est le comportement des gens autour en fonction de cesdits centimètres cube de chair, qui varie. Et ça, c'est entièrement subjectif.

    Tant que votre subjectivité n'entre pas en conflit avec le monde objectif, elle n'est pas mauvaise. Et même lorsqu'elle le fait, elle est légitime. Il est légitime de ne pas comprendre, ou de mal comprendre, le monde qui nous entoure. Il est légitime d'avoir des opinions, une morale, une éthique, et qu'elle clashe avec le monde objectif. Mais vous ne pourrez jamais prétendre que le monde objectif est autrement que ce qu'il est, sous prétexte que votre subjectivité est mécontente.

    Vous avez un château de nuages de mille pièces au murailles de mille mètres de haut, quelque part dans le plan astral ? C'est votre subjectivité et elle est légitime. Je n'ai aucune obligation d'y croire, et aucun compte à vous rendre si dans MA subjectivité, c'est MON château. Et inversement. Mon point de vue et mes ressentis m'appartiennent, les vôtres vous appartiennent.

    Par contre si votre subjectivité vous dit que la Lune est faite de fromage, même si votre sentiment d'avoir raison est légitime, il reste que c'est absolument faux objectivement parlant. Toutes les observations faites, les échantillons étudiés, montent que la Lune est faite de rochers. Vous aurez beau avoir la plus grande conviction du monde du contraire, cela ne changera rien aux faits. Mais, peut-être que dans un des nombreux mondes accessibles par la subjectivité, il en existe un avec une Lune de fromage ? Sûrement il en existe un. Mais ce n'est pas celui dans lequel nous vivons objectivement et physiquement.

    Moi-même, j'ai une spiritualité très active et de profonds sentiments religieux. Je vis dans une subjectivité remplie de licornes, dragons, qilins, fées, esprits de la nature, cerfs magiques et arbres immortels. Je peux faire des expériences spirituelles dans certains lieux, avec certaines personnes. Je tire les tarots. Mais je n'oublie pas que, ce que je ressens, ce que je vis, c'est mon monde à moi, ma subjectivité. Elle reste bien réelle pour moi, et mes ressentis sont bien légitimes. Mais, ce ne sont pas des preuves de l'existence physique de toutes ces choses. Ce ne sont pas une raison objective de consommer uniquement des produits labellisés Bio ou de refuser de consommer de la chair animale. Ces décisions peuvent être réalisées de manière objective – par l'étude des effets de l'utilisation de produits phytosanitaires de synthèse, par l'étude de l'impact écologique de la consommation de viande, par une observation des effets psychologiques de l'élevage industriel sur les animaux élevés – mais le ressenti subjectif d'une divinité de la nature ou de l'existence des fées, ce n'est pas une raison objective. C'est une raison légitime, mais subjective. Et comme elle est subjective, elle m'est propre. Je pourrai étaler mes raisons objectives à une autre personne, afin d'avoir une base commune de discussion. Mais mes raisons subjectives, je ne pourrai qu'en témoigner. Je ne pourrai pas les transmettre, car la subjectivité est propre à chaque personne.

    Régulièrement je confronte ma subjectivité à l'objectivité du monde. Et quand ça clashe, je sais que ça veut dire quelque chose au sujet de ma propre personne, et pas au sujet du monde objectif.

    Je ne suis pas anti-spiritualité, bien au contraire, je trouve que c'est quelque chose de sain et de précieux. Mais j'y pose la condition de la remettre en question sur les points où elle entre en conflit avec le monde objectif, afin de réfléchir à la différence entre le monde physique et notre sens moral ou notre interprétation du monde. J'y pose cette condition car j'ai pu observer que faire plier la subjectivité devant l'objectivité, donne des résultats bien moins désastreux que l'inverse.

    C'est ce qu'on appelle la démarche scientifique.

    Et puisque vous lisez ces lignes, que vous utilisez Internet et un appareil technologique permettant d'en afficher les informations, c'est que vous utilisez avec allégresse les produits de cette science et de cette objectivité.

    C'est donc pas si mal que ça, la méthode scientifique.

    Une petite vidéo pour la route...


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  • Alors tu penses être plantekin ?

    Ces questions servent uniquement comme guide de départ pour te rendre compte si tu es plantekin ou pas. Un glossaire se trouve à la fin pour t'aider.

    Beaucoup d'éléments du fait d'être kin reposent, pour certaines personnes, sur les ressentis, c'est pour ça qu'il est très important que tu observes ce que tu ressens et celle définition y correspond le mieux. C'est aussi très bien si tu choisis aucune de ces définitions si tu préfères (bien que si tu choisis de manière consciente ton identité, tu devrais vraiment utiliser le terme copinglink pour éviter les confusions).

    Des fois ça peut être difficile de dire la différence entre le fait d'être sympath, otherhearted, ou otherkin. Voici donc quelques questions que tu peux te poser afin de t'aider à faire le tri :

    1. Comment est-ce que je me sens quand je suis près de cette plante ? Est-ce que je ressens que c'est moi ? Est-ce que je ressens que nous sommes très similaires (de la même famille) ?

    Si tu as tendance à pratiquer la magie il y a peut-être des sorts qui pourraient t'aider. D'un point de vue d'énergie, tu peux essayer de scanner ton énergie ou quelque chose du genre.

    2. Depuis combien de temps est-ce que je ressens cela ? Est-ce un sentiment très fort, ou est-ce qu'il varie avec le temps sans vraiment disparaître complètement ?

    3. Est-ce que j'ai pris le temps de réfléchir à mes ressentis, de méditer, etc. ?

    4. Comment est-ce que je me sens au quotidien ? Est-ce que je ressens des membres fantômes / astraux (comme des branches, de l'écorce, des feuilles, etc.) ? (tout va bien si ce n'est pas le cas ! ) Est-ce que tu as une façon similaire aux plantes de réfléchir ou de réagir à certaines choses ? On va voir ça en profondeur dans le prochain point.

    5. Encore autre chose que j'aimerais remarquer c'est que être kin peut aussi provenir de sentiments intrinsèques et profonds, c'est-à-dire de sentiments qui viennent tout seul naturellement et dont il est impossible de se défaire, et certains de ces sentiments peuvent être si primaux qu'on peut se sentir ridicule de les verbaliser ou qu'il est impossible de trouver des mots pour les exprimer.

    Aussi, ce n'est pas une question, mais peut-être essaye d'acheter une plante et d'en pendre soin. Regarde comment tu te sens par rapport à ça.

    Tu peux aussi te mettre à écrire au sujet de ce que u ressens dans la nature, à l'intérieur d'un bâtiment, durant certaines conditions météorologiques ou lors de changements météo, etc.

    J'espère que cela pourra aider quelqu'un !

    Un peu de vocabulaire :

    Otherkin : quelqu'un qui s'identifie à un niveau non-physique (souvent, spirituellement ou psychologiquement), partiellement ou en totalité, comme non-humain. C'est souvent utilisé comme terme-parapluie.

    Thérian : quelqu'un qui s'identifie à un niveau non-physique somme quelque chose qui a été prouvé comme existant ou ayant existé sur Terre. Souvent considéré comme un sous-groupe d'otherkin bien que les communautés ont à l'origine évolué indépendamment.

    Otherhearted veut dire avoir une forte connexion ou relation à quelque chose, mais pas en tant que quelque chose.

    Sympath veut dire avoir une connexion avec quelque chose.

    Un copinglink est une identité qui est choisie de manière consciente et peut être changée par la simple volonté (un mécanisme de coping inconscient qui a commencé tôt dans la vie et dure depuis longtemps, ne compte pas).

    Certains termes sont paraphrasés d'informations que j'ai trouvées au fur et à mesure du temps, tandis que d'autres sont directement pris sur la FAQ de Page. [NdT : un autre utilisateur de Tumblr]

    J'aimerais préciser que choisir un kintype comme base de coping, et choisir un copinglink, sont deux choses différentes. Si jamais tu t'inquiète d'être un faux kin, sache que c'est impossible d'être un « faux » kin, sauf si on le fait de manière consciente.

    Source : https://plantkinsuggestion.tumblr.com/post/158671015594/think-you-might-be-plantkin

     


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  • Trucs à faire quand on est kin

    Dernièrement, je me suis senti terriblement nostalgique de la maison et j'ai fait l'expérience de dysphorie d'espèce. Alors j'ai décidé que je pourrais faire une petite liste d'idées, pour que d'autres que moi puissent l'utiliser (j'espère arriver à faire la plupart de ces items durant les vacances).

    Souviens-toi, ne laisse pas la thérianthropie diriger ta vie. Tu a toujours des centres d'intérêt et hobbies et des rêves et des ambitions...

    • Va faire un tour dans la nature

    • Décore ton intérieur avec des choses liées à ton/tes thériotype/s. Tu peux repeindre les murs en vert pour que ça ressemble plus à une forêt, commander à un artiste une représentation de ton thériotype pour l'afficher au mur. Peu importe.

    • Dessine ton thériotype

    • Regarde des vidéos de ton thériotype

    • Si ça te met à l'aise et que tu le veux bien, cherche des accessoires furry liés à ton thériotype

    • Médite

    • Si tu le souhaite, cherche des cristaux / pierres qui aident à faire des rêves pour rêver de ton thériotype et peut-être déclencher un dream-shift

    • Fais des câlins à une peluche qui représente ton thériotype

    • Tout ce qui peut te faire te sentir bien et en sécurité

    Source : https://felidaea.tumblr.com/post/158736676017/therian-related-things-to-do

     


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