Love's Executioner (Irvin Yalom)
Je n'avais pas du tout prévu au départ de parler de ma lecture du livre "Love's Executioner" (Le bourreau de l'amour) de Irvin Yalom. Je partais du principe que, j'ai lu un de ses recueils de nouvelles de psychothérapie, je les ai tous lus.
Ben en fait, non.
Autant j'avais aimé "Créatures d'un jour" (publié en 2015) autant j'ai détesté ce volume (de 1989).
Yalom se met en scène en tant que personnage, n'hésite pas à dévoiler toutes ses pensées et opinions au sujet des patients qu'il a en thérapie y compris les plus malaisantes et les moins morales ou éthiques. Le chapitre sur la femme obèse m'a choqué. Sa manière de vouloir manipuler les patients "pour leur bien" m'irrite et me révolte. Je n'avais pas non plus besoin de savoir qu'il a des fantasmes sexuels sur certaines de ses patientes.
Le nerf de la guerre reste pour moi le chapitre 9 avec la femme TDI (Trouble Dissociatif de l'Identité, Troubles Dissociatifs Complexes, ATDS, ATDNS, appelez ça comme vous voulez c'est pas le plus important). Même si son traitement reste dans la norme des années 1980, les connaissances sur le sujet ont évolué avec les Guidelines publiées en 2011 par l'ISSTD pour le traitement des traumas complexes avec dissociation.
L'ISSTD conseille de traiter en trois phases : stabilisation de la vie quotidienne, traitement des traumas, accompagnement vers le retour à la vie normale.
L'auteur-narrateur Yalom tombe amoureux de la part dissociée sexuelle, décide d'en faire l'hôte du système (la part la plus souvent au contrôle du corps), abandonne la part traumatisée anxieuse, et nie l'existence des autres parts. C'est cringe et malsain, pas du tout éthique ni moral ni thérapeutique. C'est du même niveau que les "thérapies" de dressage pour les autistes (ABA). Le problème n'est pas résolu, il est juste planqué sous le tapis. Le tout, au service des fantasmes et préférences du thérapeute.
0 étoiles, je ne conseille pas.