Grossophobie et névralgie
Je vis dans une société grossophobe. Lorsque j'ai commencé ma transition sociale en 2018 je ressemblais à une Vénus préhistorique obèse. Avec mes formes plantureuses, les gens associaient mes chemises et mes cheveux courts au fait d'être lesbienne. Je subissais du harcèlement de rue, des agressions sexuelles et de la lesbophobie en public à cause de ça. De plus, mes soucis de santé SANS lien avec l'obésité étaient tous balayés par la grossophobie mon médecin en mode "Perdez du poids et ça ira mieux".
C'était un problème neurologique grave lié à une carence en vitamine B12 elle-même comorbide à l'autisme. J'en garderai certaines séquelles à vie, séquelles que je n'aurais jamais eues si mon généraliste du moment avait daigné regarder au-delà du poids sur la balance.
Pour éviter d'autres mésaventures du même genre, j'ai attaqué le problème à la racine : les Troubles du Comportement Alimentaire (ou TCA) et donc, la santé mentale. J'ai travaillé dur pour remplacer les crises d'hyperphagie par d'autres moyens de gérer mes émotions autistique explosives.
J'ai perdu du poids... uniquement pour que les médecins prennent enfin mes autres soucis de santé (hors obésité) au sérieux.
A cause de mes problèmes sous-jacents comme l'alexythymie, l'anxiété ou Trouble Anxieux Généralisé (ou TAG), les difficultés de proprioception qui font que je ne gère pas du tout les sensations de faim et de satiété, je devrai sans doute passer le reste de ma vie à calculer mes apports nutritionnels quotidiens, à avoir un suivi de nutrition régulier. Ce qui me prend beaucoup d'énergie et de cuillères (de la Théorie des cuillères) et joue sur ma fatigue chronique.
Mais, si je ne le fais pas, la prochaine fois que j'aurai des soucis de névralgie ou autre pouvant mettre ma vie en danger, personne ne s'occupera de moi puisque, quand on est gros, tous les problèmes sont attribués à ça...
C'est d'une tristesse...